Le revenu minimum décent d’après l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale

Jeudi 23 avril 2015

La Lettre de l’UCR - Avril 2015

Le revenu minimum décent d’après l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale

A 9Peut-on définir le budget décent d’une personne célibataire, d’un couple avec deux enfants, d’une personne retraitée en couple ou sans enfant…, qui permette de vivre et de participer à la vie sociale en France en 2015 ?

C’est la question à laquelle l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) a apporté une réponse dans son rapport 2014-2015 intitulé « Les budgets de référence : une méthode d’évaluation des besoins pour une participation effective à la vie sociale ».

L’ONPES a ainsi chiffré des budgets de référence pour des ménages vivant dans les villes moyennes de Tours et Dijon. En fonction de la configuration des ménages, ils doivent permettre de disposer des ressources suffisantes, non seulement pour faire face aux nécessités de la vie, mais aussi pour avoir la possibilité de participer activement à la vie sociale.

Les budgets de référence se situent entre 1 424 euros et 3 284 euros, selon la composition du ménage

Ainsi, le budget de référence permettant de vivre décemment en logement social dans une ville moyenne serait-il de 1 424 euros pour une personne seule et de 3 284 euros pour un couple avec deux enfants. Dans un logement du parc privé, les budgets correspondants s’établiraient à 1 571 euros pour une personne seule et 3 515 euros pour un couple avec deux enfants. Le budget nécessaire pour les familles monoparentales avec deux enfants serait de 2 599 euros dans un logement social (2 830 € dans le privé). Celui de retraités en couple s’élèverait à 2 187 euros dans un logement social (2 437 € dans le privé), celui de couples d’actifs sans enfant serait de 1 985 euros dans un logement social (2 133 € dans le privé).

Comme on peut le constater, ces chiffres sont bien au-dessus des minima sociaux en vigueur !

Dans le rapport précité, l’ONPES définit le contenu des paniers de biens et services relevant d’un besoin minimum :

logement : disposer d’une chambre pour chaque enfant de sexe différent (et de plus de six ans) et d’une chambre d’amis pour les retraités (le rapport retient que les retraités peuvent être propriétaires de leur logement) ;
• alimentation : le modèle alimentaire (sur la base des préconisations de nutritionnistes et des recommandations publiques) doit privilégier trois repas par jour ;
• habillement : constitue un poste important dans les budgets de référence ;
• soins et l’hygiène corporelle : constituent également un poste important dans la mesure où ils conditionnent la participation à la vie sociale ;
• équipement de la maison : sur la base de produits de moyenne gamme ;
• transports : le rapport retient la nécessité pour les ménages y compris pour une personne seule, de disposer d’une voiture (d’occasion, de petit format ou familiale selon la configuration des ménages) afin de répondre aux besoins de déplacements professionnels, de loisirs, de vacances, d’achat courant, et de façon générale pour favoriser la participation à la vie sociale. A cela doivent aussi s’ajouter les abonnements de transports en commun pour les autres membres du ménage ;
• partir en vacances : sur la base de deux semaines par an pour les actifs avec enfants et d’une semaine pour les retraités et les actifs sans enfant. A cela, doivent s’ajouter les possibilités de pratiquer des activités culturelles, de prendre un repas à l’extérieur, d’inviter des amis, de pouvoir offrir des cadeaux…
• santé : le rapport a retenu que le reste à charge en matière de santé (après prise en charge des complémentaires santé) ne devait pas dépasser 20 euros par mois et par personne.

Parmi tous ces postes, celui du logement est le plus important (sensiblement plus faible pour un ménage logé dans le parc social que dans le parc privé). Ainsi, il représente 46 % du budget d’une personne seule retraitée, locataire dans le parc privé et 37 % du budget de référence d’une personne seule retraitée, locataire dans le parc social.

Pour l’UCR-FO, ces données relatives à des budgets de référence ont un rôle d’indicateur et contribuent à constituer un outil d’aide en matière de prévention de la pauvreté et de l’exclusion sociale. Elles dessinent les caractéristiques des populations astreintes à des restrictions financières pour prévenir le risque de tomber dans la précarité et la pauvreté.

Union Confédérale des Retraités-FO

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