ERASMUS+: VOYAGER N’EST PAS OBTENIR UN EMPLOI DE QUALITÉ

La lettre électronique @ ctualités Europe n°16

ERASMUS+: VOYAGER N’EST PAS OBTENIR UN EMPLOI DE QUALITÉ

«Erasmus+» désigne le nouveau programme européen de bourses étudiantes. Dédié à l’éducation, à la formation, à la jeunesse et au sport, il ambitionne d’améliorer les «compétences et l’employabilité» des jeunes européens.

Le 2 décembre, le Conseil «Compétitivité» (c'est-à-dire la réunion des ministres chargés des affaires européennes, de l’industrie, de la recherche) s’est accordé sur le lancement de ce programme. D’une durée de 7 ans, il sera doté d’un budget de 14,7 milliards d’euros pour la période 2014-2020. 4 millions de personnes de 13 à 30 ans devraient bénéficier de ce nouvel outil européen, qui vise à développer leur mobilité en Europe (par les études, la formation ou le volontariat).

Erasmus+ réunit désormais sous une même appellation une série d’anciens dispositifs: Erasmus, Comenius, Leonardo da Vinci et Gruntvig. L’augmentation de 40% des fonds conduit donc à s’interroger sur les budgets spécifiques antérieurs pour chacun de ces programmes. Sur le fond lui-même, Erasmus+ prévoit également que 500 millions d’euros seront mobilisés pour que le Fonds européen d’investissement puisse se porter garant de prêts bancaires des étudiants pour financer leur master à l’étranger. Les taux ne sont pas encore dévoilés. On peut donc s’inquiéter que l’endettement privé compense toujours davantage le manque d’investissement des gouvernements en matière d’éducation.

Les promoteurs du projet, dont la Commissaire européenne chargée de l’Education et de la jeunesse, s’enorgueillissent au final d’une nouvelle recette contre le chômage des jeunes. Or, pour FO, il faut rappeler que la lutte pour l’emploi de qualité ne peut être confondue avec une série de dispositifs qui tendent à occuper le jeune chômeur plutôt qu’à lui fournir les clés d’un emploi stable doté d’une rémunération équitable.

Erasmus+ sera peut-être une expérience enrichissante pour les 4 millions de jeunes qui en bénéficieront. Il contribuera indéniablement au resserrement des liens culturels entre nos Etats. Erasmus+ n’en est pas moins qu’une soupape, et la mobilité des jeunes ou leur «volontariat» non payé ne remplacera pas une politique d’investissement sérieuse pour la création d’emplois durables. Prétendre le contraire serait une erreur politique et un mensonge social.

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