Grèce : pour la démocratie, le respect des travailleurs, la justice sociale, contre une austérité aveugle !

Jeudi 2 juillet 2015

Grèce : pour la démocratie, le respect des travailleurs, la justice sociale, contre une austérité aveugle !

GreceCe 30 juin, la Grèce n’a pas remboursé une tranche de sa dette au FMI d’un montant d’un 1,6 milliard. Elle est donc désormais en défaut de paiement. Alors que le débat oppose trop souvent les exigences des créanciers à une supposée « irresponsabilité » de la Grèce, il faut rappeler l’ampleur de la purge budgétaire infligée au pays depuis 2010 : un déficit public ramené de 12,3% à 3,5% en seulement deux ans et un excédent primaire depuis 2014. La hausse de la dette publique grecque (près de 175% contre 105% en 2008) est le résultat d’un envol du montant des intérêts exigés par les créanciers et d’un effondrement des recettes publiques sous l’effet des mesures d’austérité. Surtout, la somme de 1,6 milliard apparaît particulièrement dérisoire au regard du PIB européen ou de l’évasion fiscale en Europe (au moins 2000 milliards d’euros par an dans l’UE, selon la Commission européenne).

Le gouvernement dirigé par Syriza avait proposé le 22 juin à l’Eurogroupe et au FMI une liste de réformes nationales, qui entamaient largement les « lignes rouges » qu’il s’était fixées dans son programme anti-austérité. Le Gouvernement concédait notamment aux « institutions » : le remplacement des retraites complémentaires pour les plus pauvres par un revenu minimum garanti en 2020 ; le relèvement de 10 points de la TVA sur l’alimentation, le relèvement de l’impôt sur le revenu, dès 30 000 euros de revenus annuels… Au total, 8 milliards d’euros de nouvelles mesures d’austérité : un effort encore supporté par des salariés et des retraités qui ont déjà payé le prix fort des coupes budgétaires et des hausses d’impôts. Surtout, 8 milliards d’euros de mesures contreproductives pour faire repartir la croissance et l’emploi dans un pays qui a déjà perdu 25% de son PIB et où 45% des retraités vivent déjà sous le seuil de pauvreté.

Cela n’a pourtant pas suffi : la logique punitive des créanciers a prévalu. Le FMI a exigé de discuter avec « des adultes dans la salle » et l’Eurogroupe estimé que ces propositions étaient insuffisantes, maintenant un plan de mesures inacceptables ! Le gouvernement grec a alors fait le choix de la démocratie en appelant à un référendum le 5 juillet contre la surenchère imposée par les financiers.

Les réactions syndicales ont été fortes et nombreuses : la CES a lancé un message d’alerte : « L’offre de l’Eurogroupe condamne le peuple grec à plus de misère sans aucune perspective de croissance. Davantage d’austérité et de coupes budgétaires dans un pays où plus d’une personne sur trois vit déjà sous le seuil de pauvreté déstabiliserait sérieusement la société grecque. ». Au contraire, elle demande à l’UE et au FMI de « trouver un compromis avec la Grèce comprenant un rééchelonnement et un allégement de la dette, un financement pour les urgences sociales et une reprise des investissements. ». La CSI est allée dans le même sens rappelant que « la recette de la Troïka a été un échec cuisant et risque d’exposer non seulement la Grèce, mais potentiellement également d’autres pays de la zone euro à l’avidité des financiers et des spéculateurs ». Le 30 juin, le DGB et la GSEE (principal syndicat grec) ont appelé dans une déclaration conjointe, à « éviter le Grexit par tous les moyens possibles ». Le 1er juillet, les instances exécutives de GSEE ont demandé le retrait du référendum. Pour la principale confédération grecque, la question posée implique des « faux dilemmes » et risque de conduire le pays dans une situation incontrôlable. GSEE affirme que l’orientation européenne de la Grèce n’est pas négociable.

Pour FO, l’austérité et le Grexit, ce n’est pas l’Europe que nous voulons ! Le gouvernement grec a su dire non à une logique budgétaire inepte, idéologique et violente, contraire au projet européen fondé sur la paix et le progrès social. Ce jeudi 2 juillet, à 18h30 à la place de la Bastille, l’URIF-FO a appelé avec la CGT, FSU et Solidaires à un rassemblement en soutien au peuple grec et pour le respect de sa souveraineté.

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