La lettre électronique @ ctualités Europe

La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°11

LE SYNDICALISME BRÉSILIEN S’ENGAGE DANS LE MOUVEMENT SOCIAL

La grève générale a pris le relais de la colère sociale. Comme nous l’écrivions dans la Lettre électronique n°10, c’est la combinaison d’une série d’évènements qui ont conduit à l’explosion de la colère sociale au Brésil. Le pays a pourtant connu des avancées notables, voire même étonnantes grâce au «lulisme»: l’économie a fait un bond considérable en avant, le niveau de vie a généralement augmenté, conduisant à l’émergence d’une classe moyenne solide qui a accès au logement, au crédit, aux biens de consommation, aux études… Mais voilà: le système s’est peu à peu épuisé, ou du moins a montré ses limites alors que d’une part, le visage du pays se modifiait (il ne s’agissait plus de supporter les plus pauvres et de ménager les plus riches), et que la présidente Dilma Rousseff, du Parti des Travailleurs, ne parvenait pas à colmater des injustices criantes : affaires de corruption; inflation marquée; services publics déficients notamment dans les secteurs de la santé, de l‘éducation et des transports; etc.

Avec la préparation du Mondial de football, la frustration sociale a été d’autant plus exacerbée, entre projets d’aménagement urbains qui détruisaient arbitrairement des pans entiers de la ville en expulsant ses habitants –réduisant corrélativement les fonds alloués au développement direct du pays-, et législations d’exception autorisant la FIFA et les grands groupes privés à s’affranchir de toute une série de lois protectrices des intérêts des citoyens et des travailleurs: droit du travail; droit de commercer librement sur le site du Mondial; droit à l’environnement, etc.

Le 11 juillet, les principaux syndicats brésiliens (CUT, Força Sindicial, CTB, CGTB, CSP Conlutas, UGT, NCST) ont ainsi appelé à une «journée nationale de lutte». Ils ont ajouté à la contestation originelle, des revendications spécifiques aux travailleurs : semaine de 40 heures (contre 44 actuellement); refus de l‘allongement de la durée de cotisation pour la retraite; refus de la flexibilisation du Code du travail; mais aussi plus globalement une lutte contre l’inflation et la perte de pouvoir d’achat.

Si l’action syndicale peut épaissir les revendications populaires et leur donner une voix, elle est confrontée à la question de l’unité d’action (le syndicalisme brésilien est très éclaté, et très concurrentiel), et tenir compte de la multiplicité des revendications, malgré leur flou. L’action renouvelée du mouvement social via l’encadrement syndical pourra, seule, permettre de transformer une colère populaire légitime en des réformes concrètes.

L’essentiel des évolutions reposent désormais sur les négociations nationales et sur les actions promises par la présidente, Dilma Rousseff - proposition de referendum sur une réforme de la vie politique et des institutions; abolition de la réforme PEC 37 qui retirait ses pouvoirs d’investigation au Parquet dans la lutte anti-corruption; promesse d’un «pacte national» pour les services publics. Reste à savoir ce qui prendra véritablement effet.

lettre-numero-11-actualite-europe-international.jpg



http://www.force-ouvriere.fr

La lettre électronique @ctualités Europe

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster