La lettre électronique @ ctualités Europe

La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°11

PRESSIONS COMMERCIALES ET NOUVEL ACCORD COLLECTIF POUR UNE AMÉLIORATION DES DROITS DU TRAVAIL AU BANGLADESH

Le Bangladesh est le deuxième exportateur de vêtements au monde. Pilier de l'économie, le secteur du textile représentait l'an dernier 80% des exportations, s'élevant à 25 milliards de dollars. L’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza, faisant 1.129 morts, avait suscité la colère des travailleurs du monde entier (voir lettre électronique numéro 10 en bas de page).

Il fallait transformer l’indignation en actes contraignants. C’est qu’ont entamé ce 8 juillet, 70 chaînes de distribution qui se sont engagées auprès des syndicats bangladais à inspecter toutes les usines de textile du pays et à y effectuer les travaux de sécurisation indispensables. Avancée, peut-être: le contrôle de l’application des accords sera le fait d’un nouvel organe… installé aux Pays-Bas.

Par ailleurs, les Etats-Unis ont trouvé le moyen de faire pression sur le gouvernement du Bangladesh pour qu’il revoie sa législation du travail: début juillet, les américains ont en effet pris la décision d’imposer des sanctions commerciales au pays, à la suite d’infractions répétées aux droits fondamentaux du travail. Cela faisait 5 ans que l’AFL-CIO, le principal syndicat aux Etats-Unis, avait déposé une plainte demandant à son gouvernement de suspendre les préférences commerciales accordées au Bangladesh en vertu du système de préférences généralisées (SPG) si le gouvernement ne prenait aucune mesure pour veiller au respect des droits des travailleuses et des travailleurs. La catastrophe meurtrière survenue dans l’effondrement de l’immeuble de confection du Rana Plaza a relancé l’affaire.

La décision américaine envoie un signal important aux partenaires commerciaux du pays: les Etats qui ne se plieront pas aux droits fondamentaux du travail perdront leurs avantages dans l‘accès au marché américain. Elle montre que le droit commercial et la diplomatie peuvent faire le choix de mettre les droits fondamentaux au premier plan. C’est un véritable espoir pour les syndicalistes. Ce levier créera peut-être un précédent qui permettra de soumettre d’autres gouvernements ou grandes industries manufacturières au droit du travail.

La CSI a affiché sa satisfaction. Elle demande également aux marques internationales qui se fournissent au Bangladesh d’accentuer leurs efforts pour parvenir au respect des droits de la main d’œuvre tout au long de la chaîne de production. Seule une action de responsabilisation et de sanction à tous les niveaux de la chaîne de travail permettront d’éradiquer les zones de non-droit pour les travailleurs.

Selon l’OIT, tout travailleur a droit à un travail décent, qui protège sa santé et sa sécurité, et lui donne droit d’expression libre. Or, depuis 2005, plus de 1800 travailleurs sont morts dans des accidents industriels (incendies, effondrements d’usines), qui auraient pu être évités. Ces travailleurs sont morts parce que le gouvernement et les industriels ont consciemment violé les droits protecteurs des travailleurs pour alléger leurs charges. Dans ce cadre, la suspension des garanties du SPG doublée de l’accord collectif contraignant signé par plus de 50 marques pour améliorer les conditions de sécurité dans les usines, sont indéniablement des avancées pour protéger les travailleurs du pays. De son côté, l’Union européenne revoit également l’accès à son marché des exportations bangladaises.

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