LE TRAVAIL DE NUIT - UN COCKAIL EXPLOSIF

 

 

Trois millions six cent mille salariés travaillaient de nuit en 2008, soit 1,1 million de plus qu'en 1991 avec une progression très marquée (+59%) pour les femmes, tout particulièrement les ouvrières.

Révélé dans le projet d'avis du Conseil économique, social et environnemental (CESE) présenté par son rapporteur, M. Édouard, en assemblée plénière les 7 et 8 juillet ce bond s'explique notamment Par la levée de I'interdiction du travail de nuit des femmes via la loi du 9 mai 2001, "les évolutions socio économiques dans une économie mondialisée, I'utilisation optimale des équipements et l’externalisation croissante de certaines fonctions". Plutôt occasionnel en 1991 (17,9% des salariés contre 16% en 2008), le travail de nuit tend à devenir habituel (14,6% des salariés en 2008 contre 6,670 en 1991), à I'instar du travail du soir entre 20h et minuit.

Le constat est également fait d'un cumul avec d'autres contraintes telles que les pénibilités physiques, des situations d'isolement et le travail le week-end: sept salariés sur dix travaillant habituellement la nuit, travaillent aussi le dimanche et plus de huit sur dix le samedi. Avec des conséquences lourdes sur la santé: troubles du sommeil, troubles digestifs, désêquilibre nutritionnel, risques cardiovasculaires accrus, usure prématurée, voire risques de cancers, le rapport jugeant que "le travail de nuit mérite d'être considéré comme une véritable question de santé publique ayant vocation à figurer dans le Plan santé au travail 2010-2014".

CORRIGER LA LOI

Si la loi souligne « le caractère exceptionnel du travail de nuit », elle ne "fixe que des principes et peu de normes précises », fait remarquer le rapport. "Ie Code du travail prévoit simplement que ce recours doit être justifié par la nécessité d'assurer des services d'utilité sociale ou la continuité de I'activité économique, notion floue qui laisse place à des interprétations très extensives ». Le rapport préconise notamment de clarifier et limiter le recours au travail de nuit, de créer un repos compensateur minimal légal, d'abaisser le seuil minimal légal annuel d'heures de nuit et de prendre en compte cette pénibilité dans le droit à la retraite.

 

 

FO Hebdomadaire - juillet 2010

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