Inspection du travail

Inspection du travail

 

LA CHASSE AUX SORCIÈRES DES PATRONS

MEDEFF

 

 

Le MEDEF de la région Centre accuse des inspecteurs d’avoir un «comportement outrageusement autoritaire et provocant, confinant avec des méthodes d’intimidation d’un autre temps (sic)» alors qu’ils ne font qu’appliquer le droit du travail.

 

 

 

«Inquisition», «pression insoutenable», «excès de zèle», «abus d’autorité». Deux inspecteurs du travail de la région Centre sont accusés de tous les maux par une Union des entreprises de l’Indre (UDEI). Depuis le mois de juillet, celle-ci multiplie les pressions auprès de toutes les autorités publiques que compte ce pays (service départemental ou régional de l’inspection du travail, préfet et ministre) pour museler des agents dont les seuls torts sont de faire appliquer la législation et la réglementation en vigueur.

Dans un courrier de quatre pages adressé le 19 juillet 2011 au ministre du Travail, Xavier Bertrand, l’organisation patronale affiliée au MEDEF juge ainsi que «les deux jeunes inspecteurs récemment entrés en fonction sèment un vent de panique dans un nombre impressionnant d’entreprises par leur comportement outrageusement autoritaire et provocant, confinant avec des méthodes d’intimidation d’un autre temps (sic)». Elle les accuse d’enchaîner «les procès-verbaux qui constituent d’ordinaire l’exception» mais aussi de contrôler la régularité des visites médicales des salariés «en épluchant minutieusement les dossiers individuels» dans une entreprise du cru. Le fait qu’ils puissent mener des «contrôles croisés» dans les agences d’intérim et chez les entreprises utilisatrices de cette main d’œuvre précaire ne relèverait pas moins «d’une vision particulièrement policière du travail». Le patronat leur reproche également d’avoir empêché des salariés de travailler sur un chantier exposé à l’amiante ou encore d’avoir dressé un «procès-verbal dont le chiffrage total se monte à plus de 2 millions d’euros à la suite d’une vérification des heures complémentaires», qui déclenchent, rappelons-le, des majorations obligatoires. La missive se conclut par un chantage à peine voilé à l’emploi et à la délocalisation. Depuis cet envoi au ministre, l’UDEI aurait invité les entreprises de la région à formuler des plaintes identiques auprès de l’Administration.

Au regard des «griefs» portés contre les deux représentants de l’ordre public social, on ne voit pas où est le scandale. Toutes les interventions décrites font partie en effet de leurs prérogatives classiques qui sont régies par la loi et la convention 81 de l’OIT (Organisation internationale du travail). Le problème est ailleurs. Les entreprises indraises s’étaient simplement habituées à ne plus être contrôlées régulièrement faute de moyens, soulignent les syndicats. «Les inspecteurs mis en cause ont été nommés en mars sur deux postes vacants depuis plus d’un an et demi. Jusque-là, il n’y avait qu’un seul inspecteur pour tout le département, alors forcément les contrôles de routine étaient moins fréquents», explique Nathalie Roma (FO) qui a dénoncé cette affaire auprès des services concernés pour défendre la réputation professionnelle des agents incriminés. Elle a été suivie depuis par les organisations syndicales départementales, qui ont saisi à leur tour le ministre du Travail le 9 novembre pour lui demander d’afficher publiquement son soutien aux inspecteurs du Travail qui n’ont pas à supporter «l’agressivité ou la violence de certains employeurs». Pour le leader de l'Union départementale FO de l’Indre, Christian Wattecamps, «les attaques sans fondement du MEDEF local s’inscrivent malheureusement dans un contexte plus global où le patronat en général cherche à délégitimer le rôle de l'inspection du travail dans la défense des droits des salariés».

 

http://www.force-ouvriere.fr

méthodes d’intimidation MEDEF FO Force Ouvrière

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