TRANSPORT ROUTIER : LA MENACE DE BLOCUS A PAYÉ

 TRANSPORT ROUTIER

LA MENACE DE BLOCUS A PAYÉ

Les syndicats sont parvenus vendredi à arracher un accord salarial au patronat. Ils ont obtenu notamment une revalorisation de 3,6% en moyenne des rémunérations (4% pour le bas la grille) ainsi qu’une augmentation de 3% des frais de déplacement et de restauration.

Les routiers ont eu gain de cause. La troisième réunion de négociation aura donc été la bonne. Les syndicats FO, CFDT CFTC, CGT, CGC et l’organisation patronale, TLF, seule à être restée jusqu'au bout des discussions, sont parvenus vendredi soir à un accord salarial qu’attendaient les routiers pour lever leur appel au blocage illimité des entrepôts de marchandises à partir de dimanche soir.

Signé par toutes les parties en présence du secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, le texte prévoit notamment une revalorisation de 3,6% en moyenne de la grille des salaires, soit 4% pour le bas de la grille et environ 3% pour le haut de la grille. Il prévoit également une augmentation de 3% des frais de déplacement et de restauration pour tous les salariés du secteur. Il comprend aussi un volet social fourni devant permettre en particulier la mise en place d’une mutuelle et d’un 13ème mois pour tous dans les premières semaines de 2010. Enfin, des états généraux du transport routier seront lancés l’an prochain afin d’engager une refonte de la convention collective de la profession. «Une modernisation sociale que la profession attend depuis cinquante ans», s’est félicité Gérard Martinez (FO). Pour les syndicats, il s’agit là assurément d’un bon compromis dans la mesure où les avancées obtenues sont à la hauteur des revendications qu’il ont portées pour les salariés. «Il faut savoir qu’on part de très loin», a rappelé encore Gérard Martinez.

Néanmoins, les syndicats ont regretté que seule TLF ait participé aux négociations jusqu’au bout. Les trois autres organisations d’employeurs (FNTR, UNOSTRA, OTRE) avaient en effet claqué la porte des discussions (voir notre article du vendredi du 11 décembre 2009). «Une fois de plus, la FNTR et l’UNOSTRA sont restées fidèles à leurs pratiques: fuir leurs responsabilités et refuser toute avancée sociale, une attitude révélatrice du mépris que portent ces fédérations patronales aux salariés», a déploré FO. Et ce en dépit d’une baisse de 100 millions d'euros des cotisations patronales octroyée par le gouvernement. Quoi qu’il en soit, la signature de TLF permettra à l'accord de vendredi de s'appliquer dans l’immédiat aux entreprises adhérentes de cette organisation patronale et il a vocation à s'étendre à toute la profession au terme d'une procédure d'extension engagée par le ministre du Travail. Laquelle se fera «dans les plus brefs délais» a assuré le secrétaire d'Etat aux Transports. Dès lors, toutes les conditions étaient réunies pour que les syndicats lèvent leur mot d’ordre de grève.

Article du vendredi du 11 décembre 2009

Les syndicats maintiennent leur menace de blocage illimité des entrepôts de marchandises à partir de dimanche. La levée du mot d’ordre dépendra des négociations, suspendues pour quelques heures, après des discussions tendues toute la nuit.

Grève ou pas grève des routiers à partir de dimanche soir? On le saura à la mi-journée. La levée ou non du mot d’ordre de blocage illimité des entrepôts de marchandises par les syndicats dépendra de l’issue de l’avant-projet d’accord élaboré au terme d’une nuit de négociations tendues sous l’égide du ministère des Transports.

Ce texte prévoit une hausse de 4% des salaires des chauffeurs, de 3,75% pour le personnel d'encadrement et une augmentation de 3% des frais de déplacement. Pour les routiers les mieux rémunérés, la hausse serait échelonnée en deux fois : 3% immédiatement, 1% en février. Il prévoit aussi la mise en place d'une mutuelle conventionnelle, obligatoire et l'engagement d'états généraux sur la profession qui s'attaqueraient à des chantiers comme l’instauration d’un 13ème mois. Pour mettre un terme à deux années blanches, les syndicats FO, CFDT CFTC, CGT, CGC réclamaient notamment 4% de hausse salariale ainsi que 4% des frais de déplacement ainsi que la mise en place pour tous d’un 13ème mois et d’une grille d’ancienneté identique (voir notre article du jeudi 3 décembre 2009). Les discussions ont été suspendues à 6 heures du matin et devaient reprendre à 11 heures, ont annoncé les syndicats, qui sont restés unis sur les revendications pour les les quelque 500.000 des salariés du secteur.

En face, le patronat est lui on ne peut plus divisé. Après s’être retournée vers ses mandants, seule une organisation d’employeur, TLF, devrait se remettre ce matin à la table des négociations. Ce ne sera pas le cas des trois autres (FNTR, UNOSTRA, OTRE) qui ont refusé de poursuivre les discussions placées depuis mercredi sous la houlette de médiateurs du gouvernement. Lequel gouvernement a mis quand même 100 millions d'euros sur la table, sous la forme d’allègements de cotisations sociales patronales, afin de s’éviter un conflit social majeur à l’approche des fêtes de fin d’année.

«Dans ce secteur, on a l'impression que les patrons sont prêts à augmenter les salaires à condition que ce soit l'Etat qui paye. A chaque fois qu'il y a un problème avec eux, ils se retournent vers l'Etat et demandent de l'argent et n'assument pas leurs responsabilités en tant qu'employeur», avait déploré hier matin le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly sur France Info. Il avait ajouté «il y a une détermination du côté des organisations syndicales de salariés: s'ils n'ont pas satisfaction, ils mettront en route ce qu'ils avaient prévu à savoir le blocage des plates-formes, c'est évident». Dans l'attente d'un accord, la menace de blocage des entrepôts de produits frais à partir du 13 décembre de dimanche soir restent toujours de mise, ont confirmé en effet les syndicats de routiers.



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