EMPLOI - LE CHÔMAGE AU PLUS HAUT DEPUIS LA CRISE DE 2008

EMPLOI

LE CHÔMAGE AU PLUS HAUT DEPUIS LA CRISE DE 2008


Après quatre mois de baisse en trompe l’œil, le nombre de demandeurs d’emploi a rebondi au mois de mai. De quoi s’interroger en la matière sur la politique du gouvernement qui privilégie le travail précaire.

 

Très mauvais chiffres du chômage en mai. Selon les données du ministère du Travail diffusées mardi soir, le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant pas du tout travaillé dans le mois (catégorie A) s’est accru de 0,7 %, soit 17.700 inscrits de plus par rapport au mois d’avril. Dans cette seule catégorie, on dénombre désormais 2.686.800 personnes en France métropolitaine. En ajoutant les chômeurs exerçant une activité réduite de plus ou moins 78 heures dans le mois (catégories B et C), la hausse s’élève à 1%, soit 39.400 inscrits de plus, pour toucher en tout 4.078.500 personnes. C’est son plus haut niveau depuis la crise de 2008. Avec les départements d'outremer, la France totalise dorénavant 4.341.400 demandeurs d'emploi. Un chiffre en augmentation de 0,9% sur un mois… et de 4,1% sur un an.

Le bilan détaillé par catégories de chômeurs est tout aussi accablant. L’ensemble des tranches d’âges sont concernées, surtout les plus fragiles. Chez les moins de 25 ans, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A a bondi de 1,3% en mai même s’il est en recul de 6,6% sur un an. Pour les plus de 50 ans, le bond est de 0,9% sur un mois et elle atteint 12,3% sur un an. En incluant ceux ayant eu une activité réduite, ils sont aujourd’hui 786.000 (+1,3% sur un mois). Sur les douze derniers mois, le chômage des seniors n'aura enregistré qu'un mois de baisse, c’était en janvier. Quant aux effectifs des chômeurs de longue durée qui n’ont eu de cesse de grossir depuis le printemps 2008, le mois de mai a encore accentué la tendance. Le nombre de demandeurs d'emploi depuis au moins un an s'établit ainsi à 1,544 million (+ 0,8 % sur un mois et +10,5 % sur un an).

Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, Xavier Bertrand, a déclaré prendre acte de cette augmentation, tout en soulignant qu'elle ne remettait «cependant pas en cause le mouvement de baisse enregistré depuis le début de l'année»… sur la catégorie A. Ou comment démontrer par l’absurde que lesdites baisses de ces derniers mois étaient en trompe l’œil, comme l’a rappelé mercredi FO dans un communiqué. Pour la centrale syndicale, la hausse du chômage constatée en mai ne fait que confirmer ses analyses, notamment au regard du développement du sous-emploi et de la précarité mesuré par la catégorie B (+ 6,3 % sur un an) et la catégorie C (+15 % sur un an). C’est pourquoi FO a appelé le gouvernement à ses responsabilités en enclenchant «une autre politique macro-économique de croissance (augmentation des salaires et des pensions, remise en cause du Pacte Euro-Plus, réforme globale de la fiscalité comme outil de redistribution sociale…)». La confédération exige par ailleurs le rétablissement de l’Allocation Equivalent Retraite (AER).

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