EXTRAITS DU DISCOURS DE JEAN-CLAUDE MAILLY DEVANT LES DÉLÉGUÉS FO SOCIÉTAIRES DE LA MACIF

 ECONOMIE SOCIALE

Lors de la réunion nationale des délégués FO à la MACIF, à Paris le 3 Décembre 2010, Jean-Claude Mailly est intervenu sur l’évolution du secteur mutualiste. 

 

Trois ans après notre dernière réunion, beaucoup de changements sont intervenus coté syndical et coté MACIF, la question qui nous est posée aujourd’hui est de définir ce que doit être notre démarche pour les trois prochaines années.

Si la CGC et la CFTC disparaissent du paysage syndical en 2013, ce que nous ne souhaitons pas, c’est un nouveau pacte fondateur de la MACIF entre les confédérations représentatives qu’il faudra construire. C’est vrai au niveau national, c’est vrai au niveau des régions MACIF, d’autant plus que celles-ci pourraient acquérir encore plus d’autonomie.

La MACIF a toujours été par la volonté de toutes ses composantes à l’abri des querelles partisanes, comme c’est également dans les Institutions de Prévoyance.

Dans ces dernières, comme dans presque tous les différents organismes paritaires ou autres, certains veulent immédiatement modifier les équilibres en anticipant les résultats qu’ils espèrent obtenir en 2013, en se «partageant tout de suite le gâteau» si je peux m’exprimer ainsi.

Nous ferons tout pour que soit faite une exception pour la MACIF. Je vous confirme d’ailleurs, que les négociations en cours avec le patronat sur le paritarisme excluent formellement ce dossier.

Pour Force Ouvrière, les choses sont claires : ce débat ne peut être abordé ni au niveau national, ni au niveau régional avant l’automne 2013.

Puisque j’évoque le paritarisme, sachez que le MEDEF a donne son accord de principe pour que les partenaires sociaux forment mieux leurs représentants avant de les désigner dans des organismes même si naturellement ceux-ci assurent une formation complémentaire comme c’est le cas avec CAMPUS à la MACIF. C’est naturellement R. Valladon qui sera charge de réfléchir à ce dossier dans les prochains mois.

Cette question de désignation m’amène également à évoquer les difficultés que quelques secrétaires d’U.D très peu nombreux heureusement me signalent dans la sélection de nos délégués régionaux. Je souhaite que l’on trouve rapidement un moyen simple de régler ce dossier.

De son coté le monde de la Mutualité évolue très rapidement et cette évolution n’est pas que bureaucratique elle est également politique.

Mutuelles Assurances et Mutuelles Maladie se rapprochent, voire plus si affinités.

De même Mutuelles et Institutions de Prévoyance se rapprochent voire également plus si affinités. Des mutuelles font du contrat collectif et ne peuvent plus ainsi respecter leur principe fondateur d’un homme égal une voix. Des IP relevant du régime paritaire c'est-à-dire administrées par les représentants patronaux et syndicaux se préoccupent d’offrir une couverture individuelle dans l’application de la loi Evin.

On peut ajouter à cela, le poids grandissant des filiales, le renforcement politique des régions, la construction de sociétés faîtières ou l’émergence des groupes de protection sociale.

Avec les rapprochements avec la MAIF, la MATMUT et plus récemment avec l’AG2R, la MACIF n’échappe pas à cette tendance, cela ne facilite pas la question de la représentation des sociétaires. La réponse à cette question qui ne concerne d’ailleurs pas spécifiquement Force Ouvrière doit rester au centre de nos réflexions sur le partenariat. Cela n’ira pas non plus sans contradiction.

Certains d’entre vous, délégués MACIF, sont couverts en matière de complémentaire maladie par un accord d’entreprise qui ne relève pas du champ de l’AG2R ou de MACIF Mutualité. Ils ne sauraient en être pour autant des sociétaires de deuxième catégorie.

Cette réunion a pour objet de mettre en œuvre concrètement le partenariat global FO avec la MACIF pour ces prochaines années.

FO comme la MACIF sont des organisations très décentralisées. Je n’interviendrai donc pas sur le partenariat régional qui reste de la compétence exclusive de nos coordinateurs régionaux.

Mais face à ces défis que je viens rapidement d’évoquer, Force Ouvrière doit apporter des réponses concrètes et d’abord une réponse politique.

Le rôle encore plus important donné aux régions MACIF aura pour corollaire une affirmation plus prononcée des analyses et positions Force Ouvrière par nos représentants. Nous aurons donc à renforcer le lien entre nos coordinateurs régionaux, l’ensemble des délégués FO à la MACIF et les Unions Départementales.

Au niveau national, il me semble aussi nécessaire que comme partout ailleurs, nos représentants au Conseil d’Administration prennent l’attache du Secrétaire Confédéral avant les réunions du CA pour éviter toute discordance toujours possible.

La démocratie n’est pas le consensus et au niveau régional comme au niveau national, sans se perdre dans des querelles subalternes, nos représentants doivent pouvoir se faire entendre. Une réponse politique donc mais aussi des réponses concrètes quant à notre mode de fonctionnement. C’est pourquoi vous vous livrez à un très important exercice de démocratie interne et de réflexion commune, dont le Bureau Confédéral tirera les enseignements. La loi du 20 août 2008 a tout changé. Rien ne sera plus comme avant. Chacun d’entre vous doit le comprendre. Collectivement comme individuellement nous devons être désormais persuadés que nous sommes en compétition permanente dans tous les lieux où sont présents les militants Force Ouvrière et à tout instant à la MACIF comme ailleurs. Notre prochain congrès confédéral en février à Montpellier y consacrera une part importante de ses travaux. Sans attendre cette échéance, je sais pouvoir compter sur vous.

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