L’éditorial de Jean-Claude Mailly

L’HEURE N’EST PAS AU BONNETEAU SOCIAL

 

Partisane de l’action commune et soucieuse de conserver sa liberté de comportement et ses positions, Force Ouvrière n’entend pas oublier ses revendications, c’est la raison pour laquelle nous ne signons pas les communiqués communs de «l’intersyndicale », tout en étant dans l’unité d’action.

Face à un projet inacceptable, comme celui sur les retraites, l’action commune est indispensable pour peser. Mais elle n’est pas en soi suffisante. Encore faut-il décider des moyens d’action les plus appropriés, c’est pourquoi face à des manifestations puissantes et à des actions locales (grèves, blocages, débrayages, etc.)* qui ne font pas encore reculer le gouvernement, Force Ouvrière a proposé aux autres organisations d’unifier et de libérer le mouvement par un appel commun à 24 heures de grève franche.

 

Pour nous, c’est une responsabilité des confédérations. Ce qu’ont notamment refusé, jusqu’à ce jour, la CGT et la CFDT. Nous ne cesserons pas d’expliquer que cette question des retraites est pour le gouvernement un élément clé du plan d’austérité français. Qui plus est, nombre d’économistes expliquent, en effet, que la crise est loin d’être terminée et que les plans d’austérité vont non seulement freiner la croissance et augmenter le chômage, mais aussi générer un «chaos sociopolitique croissant». Parce que nous n’abdiquerons jamais, nous serons dans les actions des 28 octobre et 6 novembre en gardant notre analyse, nos positions, notre franc-parler. Certes, nous ne sommes pas dupes. Nous savons que le duo confédéral CGTCFDT n’a rien à voir avec les retraites, mais tout à voir avec la représentativité syndicale.

 

Les logiques d’appareil l’emportent. Mais nous savons aussi, en ce moment, que l’unité d’action est un espoir et une aspiration pour les travailleurs. Le dossier «retraites» est le dossier prioritaire. Nous ne glisserons donc pas sur d’autres thèmes (même s’ils sont importants) parce que l’heure n’est pas au bonneteau social.

Et même pendant les retraites, nous n’oublions pas l’emploi, les salaires, l’assurance-maladie, la politique industrielle, l’avenir du service public républicain. Tout est lié et tout est à relier à l’accentuation d’une politique économique libérale qui veut, aujourd’hui, se traduire par l’austérité pour les travailleurs. C’est aussi cela la fierté du syndicalisme libre et indépendant que nous pratiquons.

* Bien entendu, nous soutenons tous les syndicats et structures FO dans l’action et protestons contre les procédures de réquisition.

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