LA CSI POINTE LES VIOLATIONS DES DROITS SYNDICAUX DANS LE MONDE

LA CSI POINTE LES VIOLATIONS DES DROITS SYNDICAUX DANS LE MONDE

Licenciés, emprisonnés, parfois assassinés... Aux quatre coins du monde les syndicalistes continuent de se battre, même lorsqu’ils risquent d’en payer le prix fort.

En plusieurs points de la planète, les travailleurs et travailleuses qui défendent leurs droits continuent de subir une répression féroce. La situation des droits syndicaux se détériore aussi gravement dans les pays développés, en particulier en Europe où la crise n’est pas sans effet sur la liberté syndicale et de négociation collective. Tel est le double constat que dresse la CSI (Confédération syndicale internationale) dans son rapport annuel sur les violations des droits syndicaux, qui porte cette année sur 143 pays.

Pas moins de 76 syndicalistes ont été assassinés en 2011, auxquels il faut ajouter les centaines d’autres tués lors des révolutions en Tunisie et en Égypte notamment. Ceux qui ont perdu leur travail ou leur liberté se comptent par milliers. La Colombie reste le pays le plus dangereux au monde pour les syndicalistes. Sur les 76 travailleurs assassinés, 29 l’ont été dans ce pays. La répression des droits syndicaux a été particulièrement forte en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et dans les pays du Golfe, souligne le rapport, car «les organisations syndicales ont joué un rôle prépondérant dans les révolutions, en particulier en Tunisie, Égypte et au Bahreïn, et elles en ont payé le prix fort».

La CSI pointe également les «conséquences dévastatrices» de la crise économique mondiale qui se prolonge. Ainsi, indique-t-elle, «les mesures prises pour maximiser la rentabilité et la flexibilité» ont entraîné une augmentation des formes précaires de travail, qui font qu’il est «extrêmement difficile pour les organisations syndicales de défendre les droits des travailleurs, par exemple en Afrique du Sud, au Bangladesh, au Cambodge ou au Pakistan».

100 MILLIONS DE TRAVAILLEURS DOMESTIQUES

Encore plus vulnérables que d’habitude dans un tel contexte puisqu’ils ne disposent que de très peu de droits, voire d’aucun, les travailleurs migrants constituent l’écrasante majorité de la main-d’œuvre dans plusieurs États du Golfe, au Koweït, au Qatar et aux Émirats arabes unis, rappelle le rapport. On compte parmi eux pas moins de 100 millions de travailleurs domestiques, pour la plupart des femmes ne connaissant pas leurs droits et n’ayant de toutes les façons aucun moyen de les faire respecter, du fait notamment de leur isolement face à leur employeur.

La CSI souligne donc l’importance de la convention 189, adoptée par l’OIT en 2011, qui prévoit pour les travailleurs domestiques le droit de créer des syndicats et de bénéficier de conditions de travail décentes, et rappelle la campagne qu’elle a lancée pour que douze pays la ratifient d’ici à la fin 2012.

Enfin, le rapport insiste sur la brutalité avec laquelle est réprimé le droit de grève dans bon nombre de pays, notamment par des licenciements massifs, des arrestations et des mises en détention, par exemple en Géorgie, au Kenya, en Afrique du Sud ou au Botswana, où 2.800 travailleurs ont été renvoyés après une grève dans le secteur public.

Mais les pays développés sont aussi en cause, comme le Canada ou l’Australie qui ont réussi à imposer la reprise du travail à des milliers de salariés d’entreprises publiques ou privées en adoptant des lois d’urgence.
FO Hebdo - Décembre 2012
 
 
 

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