LE RAPPORT QUI ACCABLE LA DIRECTION DE PSA

PRESSE - COMMUNICATION

LE RAPPORT QUI ACCABLE LA DIRECTION DE PSA

L’expert gouvernemental a identifié une succession «d’erreurs stratégiques depuis vingt ans», qui nécessite aujourd’hui un redressement d’urgence.

difficile-demoncratisation-arabe-imag.jpgDévoilé aux syndicats le 11 septembre, le rapport de M. Sartorius, l’expert gouvernemental chargé d’analyser la situation de PSA, conclut que le groupe «doit d’urgence redresser la situation». Estimant que «la nécessité d’un plan de réorganisation des activités industrielles et de réduction des effectifs n’est malheureusement pas contestable», M. Sartorius insiste pour que les mesures du plan soient «limitées strictement à ce qui est nécessaire au redressement de l’entreprise», et sans licenciements secs. Outre ce diagnostic, ce rapport a le mérite d’identifier les causes qui ont conduit le groupe à produire un plan programmant 8.000 suppressions d’emplois et la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois. Une succession d’erreurs stratégiques depuis vingt ans: PSA est handicapé par sa position de constructeur généraliste, «pris en tenaille entre les voitures produites à bas coût en Europe centrale et orientale, d’un côté, et les constructeurs allemands premium» de l’autre, souligne le rapport. De plus, «PSA a choisi jusqu’à présent de préserver son indépendance» en privilégiant des partenariats ponctuels. Résultat, il «n’est plus que le huitième constructeur mondial». M. Sartorius pointe également du doigt le manque «d’ambition dans l’internationalisation du groupe», ce qui lui vaut d’être à la traîne en Chine, en Amérique latine et carrément absent d’Amérique du Nord. Autre critique de taille: la propension du groupe à privilégier versements de dividendes et rachats d’actions pour 6 milliards d’euros entre 1999 et 2011 plutôt que d’investir. Enfin, le rapport critique le choix qui l’a amené à décider la fermeture en 2014 de l’usine d’Aulnay en évacuant «rapidement la possibilité d’arrêter son usine de Madrid, qui souffre pourtant de nombreux défauts».

QUE LES GROS SALAIRES LÈVENT LE CAMP

«Ce rapport conclut que PSA est malade; il a posé le diagnostic, reste maintenant à s’entendre sur la thérapie», a réagi Christian Lafaye, délégué central FO chez PSA, précisant que «les grandes décisions» n’interviendront qu’après la remise du rapport d’expertise du cabinet Secafi, mandaté par le CCE. Des premières conclusions de nature économique sont attendues fin octobre, avant la publication du rapport final prévue fin novembre.

À la question pourquoi faire payer aux salariés les erreurs stratégiques des dirigeants? Christian Lafaye suggère notamment cette réponse: «Il y a dans le groupe 150 à 200 personnes qui touchent des salaires de l’ordre de 150.000 à 250.000 euros par an et qui remplissent les conditions pour partir à la retraite. Leur départ dégagerait une cinquantaine de millions d’euros, soit l’équivalent de 1.250 emplois d’ouvriers.» Le rapport Sartorius affirme que «toutes les pistes doivent être explorées». Pourquoi pas celle-ci?

FO Hebdo - Septembre 2012

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