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PRESSE - COMMUNICATION

JEAN-CLAUDE MAILLY

 

LA TVA SOCIALE EST UN LEURRE

jeanclaudemailly-tvasociale.jpgA midi aujourd’hui, le secrétaire général de Force ouvrière rencontrera le ministre du Travail, Xavier Bertrand, pour préparer le sommet social sur l’emploi du 18 janvier. L’occasion pour lui de revenir sur les enjeux de cette rencontre.

 

Le sommet social n’a pas encore eu lieu et le gouvernement a déjà annoncé certaines mesures. Aurez-vous vraiment les moyens de négocier ?
Un sommet social, c’est toujours une opération de communication. Mais ce n’est pas là où on travaille. De plus, il intervient en période de campagne électorale. Nous ne sommes pas dupes et nous ne nous ferons pas instrumentaliser. Maintenant, c’est le contenu qui m’importe. Et il y a des décisions conjoncturelles à prendre.

Etes-vous parvenu à un consensus avec les autres syndicats ?
Nous sommes d’accord sur le chômage partiel et la demande de moyens supplémentaires pour Pôle emploi. Reste à savoir combien le gouvernement est prêt à mettre sur la table. En 2009, l’Allemagne avait dédié 6 milliards d’euros au chômage partiel et la France 610 millions. Il faudra y consacrer une enveloppe plus conséquente, ce qui n’est pas acquis étant donné la politique d’austérité menée par le gouvernement.

Que pensez-vous de la TVA sociale ?
C’est un leurre, une erreur économique et un danger social. On veut donner à la TVA une connotation sociale, mais ce n’est pas son objet. C’est un impôt indirect des plus injustes. Son but est d’alléger le coût du travail pour répondre à une demande patronale. Or, le récent rapport de l’Assemblée nationale sur la compétitivité et le financement de la protection sociale montre que le problème de la compétitivité de la France n’est pas celui du coût du travail. Il se situe dans l’insuffisance de l’innovation, dans l’absence de grosses PME... Ce n’est pas parce que l’on aura deux points de TVA en plus qu’on va mieux concurrencer la Chine! Sans oublier que l’économie française est basée sur la consommation. L’affaiblir n’est pas la meilleure des choses en période de récession.

Que répondez-vous à Laurence Parisot qui dit que grâce à la TVA sociale, les cotisations des salariés vont baisser et que leur net va augmenter ?
Mais que fait-on des chômeurs et des retraités ? Ils prendront de plein fouet la hausse des prix.

Si le pouvoir d’achat des salariés baisse, craignez-vous une croissance des revendications salariales ?
Oui et elles seront plus fortes. Nous les soutiendrons d’ailleurs.

Que préconisez-vous pour renforcer le chômage partiel?
Nous avons deux réunions à venir rapidement avec le patronat sur ce sujet. Il y a un relatif consensus sur ce dossier. On va demander une simplification du dispositif et plus d’argent sur la table.

Etes-vous comme la CGT pour la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires ?
Ce dispositif était une erreur car il était contre-productif en cas d’explosion de chômage. Mais le supprimer brutalement serait pénalisant pour les salariés qui en bénéficient. L’idéal serait de l’abroger en arrivant parallèlement à négocier des augmentations de salaires.

Le gouvernement compte aussi proposer des accords compétitivité emploi, qu’en pensez-vous ?
Ils reposent sur l’idée qu’une entreprise en difficulté peut diminuer la durée du travail et les salaires en offrant comme contrepartie aux salariés une garantie sur l’emploi. C’est une mesure contradictoire avec le chômage partiel, car c’est le salarié qui paye plein pot la réduction de la durée du travail. Nous y sommes opposés.

Propos recueillis par DELPHINE BANCAUD

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