Réforme des retraites

Retraites complémentaires : le patronat fera de nouvelles propositions

Vendredi 29 mai 2015

Retraites complémentaires : le patronat fera de nouvelles propositions

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Philippe Pihet, secrétaire confédéral FO et chef de file de la délégation FO. © F. Blanc

« Nous sommes plus optimistes sur les chances de trouver un accord que nous ne l’étions au début de la réunion », a indiqué Philippe Pihet, secrétaire confédéral et chef de file de la délégation FO, en sortant de la quatrième séance de négociation sur les retraites complémentaires, ce 27 mai dernier.

Les organisations syndicales, très remontées à leur arrivée contre un projet patronal qui leur avait été transmis à la fin de la semaine dernière, ont finalement obtenu du Medef qu’il révise sa copie. L’organisation patronale avait en effet considérablement durci ses positions depuis la dernière réunion plénière du 10 avril. Elle était passée d’une proposition d’économiser 5 milliards d’euros d’ici à 2020 dans les régimes Arrco (tous les salariés) et Agirc (cadres), à un objectif de 8,4 milliards d’euros sur cette même période.

Pour y arriver, le Medef suggère d’instaurer des abattements dégressifs sur les pensions complémentaires perçues avant 67 ans. Pour les salariés prenant leur retraite à 62 ans, la décote atteindrait 40% la première année, puis 30% à 63 ans, 18% à 64 ans, pour finalement tomber à 2% à 65 ans et 1% à 66 ans. Selon le négociateur du Medef, Claude Tendil, il s’agit « d’éléments d’incitation à travailler à 63 ou 64 ans ».

Les syndicats s’opposent à ces propositions patronales, qu’ils qualifient de « mesures punitives », et qui toucheraient de plein fouet les générations nées entre 1957 et 1960. Un salarié non cadre partant à la retraite à 62 ans subirait une baisse de sa pension (retraite de base et complémentaire) de l’ordre de 12% et un cadre dans la même situation une réduction d’environ 20%.

FO demande une hausse des cotisations

« Aujourd’hui le Medef fait peser tous les efforts sur les retraités et les salariés, un accord ne peut pas avoir un coût prohibitif, il faudra une contribution de tout le monde, y compris de la part des entreprises, via une augmentation de la cotisation », prévient Philippe Pihet. Le négociateur FO se félicite toutefois de « la volonté d’avancer de la part de la délégation patronale », tandis que le Medef a accepté de présenter de nouvelles propositions issues de réunions bilatérales avec les syndicats avant le prochain round de négociation.

Les partenaires sociaux ont prévu de se retrouver le 22 juin. Mais pas forcément pour conclure. Ils n’excluent pas un, voire deux rendez-vous à la rentrée, alors que la date limite pour trouver un accord est fixée au 31 décembre 2015.

L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de pérenniser les régimes obligatoires Arrco (tous les salariés du privé) et Agirc (cadres du privé), fragilisés par une moindre rentrée de cotisations liée à la crise économique.

Pas moins de 30 millions de salariés sont concernés, parmi lesquels 18 millions de cotisants et 12 millions de bénéficiaires.

Par Françoise Lambert

Le compte pénibilité entrera partiellement en vigueur au 1er janvier 2015

Mercredi 22 octobre 2014

Retraite

Le compte pénibilité entrera partiellement en vigueur au 1er janvier 2015

Les décrets d’application parus le 10 octobre détaillent le processus permettant aux salariés de se former, de travailler à temps partiel ou de partir plus tôt en retraite.

Ces textes sont insatisfaisants pour FO.

Les décrets définissant le compte pénibilité listent les dix facteurs considérés, ainsi que les seuils d’intensité et de durée d’exposition minimum par an. Quatre s’appliqueront au 1er janvier 2015 : travail de nuit (1 heure entre 0 h et 5 heures pendant 120 jours), répétitif (un geste par minute pendant 900 heures), en milieu hyperbare (60 heures à plus de 1 200 hectopascals) et en équipes successives alternantes (50 nuits).

Sous la pression du patronat, les autres sont renvoyés à 2016 : postures pénibles, manutention manuelle de charges, agents chimiques dangereux, vibrations mécaniques, températures extrêmes et bruit.

L’employeur devra établir une fiche par salarié concerné avec des points : 4 par an pour l’exposition à un facteur, 8 pour plusieurs facteurs, le plafond étant fixé à 100 points.

Dix points octroient au choix 250 heures de formation pour une reconversion professionnelle, un trimestre de travail à mi-temps ou un trimestre de retraite. Les 20 premiers points devront obligatoirement servir à se former.

Un manque de confiance

Si FO salue le principe d’un compte pénibilité, elle avait voté contre les projets de décrets au sein de nombreux conseils. Elle déplore le manque d’ambition des seuils d’exposition, l’absence des risques psychosociaux et le report partiel à 2016.

Au mieux, la retraite sera anticipée de deux ans, soit un départ à 60 ans. Enfin, le financement du dispositif, qui se fera par cotisations patronales, inquiète FO. « La loi fixe des seuils que les décrets n’atteignent pas », dénonce Philippe Pihet, Secrétaire confédéral chargé des retraites.

Par Clarisse Josselin

PRÉSIDENT FO DE LA CAISSE DE RETRAITE ARRCO, IL EXPLIQUE POURQUOI SA CONFÉDÉRATION VA SE MOBILISER LE 10 SEPTEMBRE

Retraites - Fausse concertation

PRÉSIDENT FO DE LA CAISSE DE RETRAITE ARRCO, IL EXPLIQUE POURQUOI SA CONFÉDÉRATION VA SE MOBILISER LE 10 SEPTEMBRE

Sud Ouest du 9 juillet 2013 | Interview de Philippe Pihet, Secrétaire confédéral de Force Ouvrière - Secteur Retraites

Que pensez-vous de la concertation qui vient de débuter avec le gouvernement au sujet de la réforme des retraites?
Philippe Pihet: Nous avons dénoncé cette fausse concertation qui commence par l’affirmation qu’il faudra, de toute façon, allonger la durée de cotisation, puisque le gouvernement l’avait déjà décidé et écrit en rédigeant la lettre de mission où il demandait à Yannick Moreau son rapport sur l’avenir des retraites.

Vous y êtes vraiment très opposés?
Philippe Pihet: Elle a évoqué le chiffre de 44 années de cotisation, en appuyant une solution d’accélération de ce qui avait été prévu par la réforme Fillon. Une étude publiée cette année par la Drees [Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques] indique que l’âge moyen de première validation de quatre trimestres, qui marque la véritable entrée dans la vie active, était de 20,8 ans pour la génération née en 1954, et qu’il est passé à 23 ans pour celle qui est née en 1974.
Cela voudrait dire que si le gouvernement retenait la proposition de Mme Moreau qui propose que la génération née en 1975 soit obligée de cotiser quarante-quatre ans, celle-ci serait obligée d’attendre 67 ans pour partir à la retraite avec un taux plein. C’est une manière hypocrite de relever l’âge de la retraite.

Que pensez-vous de la désindexation des pensions évoquée dans le rapport Moreau, alors que vous l’avez acceptée pour les retraites complémentaires?
Philippe Pihet: En signant cet accord au mois de mars, nous avions prévenu le gouvernement que cela ne pouvait pas lui servir d’alibi pour faire de même avec le régime général. Par définition, c’est lui qui sert les plus petites retraites. Aujourd’hui, un salarié qui a cotisé au plafond pendant les vingt-cinq meilleures années de sa carrière touche 1 250 euros de pension mensuelle de base. C’est seulement avec les régimes complémentaires que certains retraités ont pu avoir des revenus qui les ont mis au-dessus du seuil de pauvreté.

Quels sont les points sur lesquels vous ne voulez pas céder?
Philippe Pihet: Il n’est pas question de rapprocher la fonction publique du régime général pour la validation des cotisations. Par exemple, dans la fonction publique territoriale et dans la fonction hospitalière, où les pensions sont servies par la CNRACL, la moitié des retraités touchent entre 700 et 900 euros par mois.
Par ailleurs, Mme Moreau elle-même a reconnu que le taux de remplacement est presque le même entre le secteur privé et la fonction publique.

Êtes-vous favorables à une hausse des cotisations?
Philippe Pihet: Puisque nous sommes dans la seringue de l’austérité, c’est une solution que nous sommes prêts à étudier. Actuellement, le financement des retraites représente 14 points de PIB, alors qu’il en était à quatre points à la fin des années 1960. On sait qu’il manquera 20 milliards en 2020, c’est justement la somme que le gouvernement a accepté de lâcher pour les charges des entreprises.

Qu’a décidé votre conseil exécutif confédéral?
Philippe Pihet: Il a donné mandat à notre bureau pour mobiliser avec les autres syndicats. Hier, nous avons décidé avec la CGT, la FSU et Solidaires de manifester le 10 septembre avant que le projet de loi ne soit finalisé.

Par J.-P. Deroudille (Sud Ouest)
 
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Retraite : FO fait entendre sa voix

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ADRESSE A TOUTES NOS STRUCTURES

            « Services de Santé »

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Retraite  FO
fait entendre sa voix

Une délégation de FO a été reçue à Matignon le lundi 13 mai dans le cadre des consultations visant à préparer la prochaine Grande conférence sociale, qui se tiendra les 20 et 21 juin prochains.

Pour le gouvernement, celle-ci répondra à un double objectif: il s’agira tout d’abord de tirer le bilan de la première édition qui s’est déroulée en juillet 2012, mais aussi de fixer le calendrier des grands chantiers sociaux de l’année 2013-2014. Parmi eux, la question des retraites occupera fatalement une place centrale, le gouvernement étant décidé à enclencher une nouvelle réforme sans vouloir revenir sur celle imposée par Nicolas Sarkozy il y a à peine trois ans.

FO plante les banderilles

Les premières sondes lancées par l’exécutif ne sont pas de nature à rassurer les salariés: le gouvernement envisage d’augmenter la durée de cotisation donnant droit à une retraite à taux plein. Portée de 37,5 à 40 annuités dans la foulée des réformes de 1993 et 2003, celle-ci est actuellement de 41,5 annuités pour les générations nées à partir de 1955 et augmente automatiquement en fonction de l’espérance de vie.

Hasard ? la hausse de la durée de cotisation est aussi la piste privilégiée du MEDEF, qui souhaite la voir portée à 43 ans en 2020. Une perspective rejetée en bloc par Jean-Claude Mailly qui a, selon l’AFP, «planté les banderilles» en déclarant «nous n’accepterons pas une réforme globale, dite systémique, qui consisterait à tout chambouler pour faire un régime par points», pas plus que «bouger l’âge ou rallonger la durée de cotisation». FO est tout aussi hostile à une «désindexation» vis-à-vis de l’inflation, qui reviendrait à «taper sur les petites retraites», a-t-il également précisé.

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2013-05-14 DECLARATION LIMINAIRE UIAFP

LE GOUVERNEMENT VEUT-IL FAIRE TRAVAILLER LES SALARIÉS JUSQU’À LA DÉPENDANCE?

Retraite

LE GOUVERNEMENT VEUT-IL FAIRE TRAVAILLER LES SALARIÉS JUSQU’À LA DÉPENDANCE?


Les déclarations sur les retraites du chef de l’État, François Hollande, et de son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, sont venues confirmer, le mois dernier, que le gouvernement s’oriente, pour sa future réforme, vers une augmentation de la durée de cotisation nécessaire à l’obtention d’une pension à taux plein.


Une piste à laquelle FO a d’ores et déjà dit son opposition. L’augmentation de l’espérance de vie doit-elle nécessairement s’accompagner d’un allongement de la durée de vie au travail, comme le prévoient déjà les réformes Fillon de 2003 et 2010, que l’actuel gouvernement n’a visiblement pas l’intention de remettre en cause? Si l’espérance de vie progresse d’environ deux mois par an, ce n’est pas le cas de l’ «espérance de vie en bonne santé», c’est-à-dire du nombre d’années en bonne santé, sans limitation d’activités et en l’absence d’incapacités, qu’une personne peut escompter vivre. Selon les chiffres dévoilés par une étude de l’Institut national d’études démographiques le 19 avril, l’espérance de vie en bonne santé a stagné en France entre 2005 et 2011, surtout pour les femmes (+0,3 an).

QUID D’UNE RETRAITE EN BONNE SANTÉ?

Or, en France, les indicateurs utilisés pour décider de l’ampleur de l’allongement de la durée de cotisation ne tiennent pas compte de l’espérance de vie en bonne santé, mais des gains d’espérance de vie à 60 ans pour une génération donnée, tels qu’enregistrés par l’INSEE. C’est la loi Fillon de 2003 qui a posé ce principe: elle prévoit de partager les gains d’espérance de vie constatés par l’INSEE selon une règle de trois, entre un allongement de la vie active –pour un tiers des gains constatés– et le temps dédié à la retraite –pour deux tiers.

La loi de 2010 sur les retraites, qui a repoussé l’âge de la retraite de 60 à 62 ans, a confirmé cette règle, tout en accélérant le calendrier de la mise en œuvre de l’allongement de la durée de cotisation: les gains d’espérance de vie, calculés auparavant tous les quatre ans, le sont désormais sur un rythme annuel. À ce rythme, les Français n’auront plus le temps de profiter, en bonne santé, d’une retraite bien méritée…
FO Hebdo - Avril 2013
 
 
 


RETRAITES: LE PAS DE DEUX BIEN ORCHESTRÉ DE L’EXÉCUTIF

Réforme

RETRAITES: LE PAS DE DEUX BIEN ORCHESTRÉ DE L’EXÉCUTIF

La réforme des retraites est encore dans la marmite, mais le président de la République a décidé d’en donner un avant-goût en annonçant, lors de son intervention télévisée le 28 mars, qu’il y aurait un allongement de la durée de cotisation.
La commission d’experts réunie sous la houlette de la conseillère d’État Yannick Moreau doit plancher jusqu’au mois de juin, et ce n’est qu’à ce moment qu’elle présentera des pistes de réforme qui feront l’objet d’une concertation avec les interlocuteurs sociaux. Mais le président François Hollande a créé la surprise en anticipant une partie des conclusions des experts mandatés par le gouvernement: «Ceux qui ont cotisé longtemps doivent pouvoir partir à temps, mais comme on vit plus longtemps –l’espérance de vie s’allonge– il va falloir avoir des durées de cotisation plus longues», a-t-il indiqué sur France 2. «Ça sera l’objet de la négociation avec les partenaires sociaux, mais nous n’en aurons pas fini pour autant», a-t-il précisé.

UN CASUS BELLI

Le Secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a immédiatement réagi, déclarant que «les gens ne sont pas prêts à travailler plus longtemps». Et à la question de savoir si la proposition du président était un casus belli, il a répondu «oui».

Trois jours plus tard, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a à son tour pris la parole. Comme dans un pas de deux bien orchestré, il a précisé dans une interview au Journal du Dimanche le 31 mars: «Nous ne toucherons pas à l’âge légal.» Un âge légal que la réforme Fillon de 2010 va faire passer à 61,5 ans en 2015 et à 62 ans en 2017. Ne pas toucher à l’âge légal revient ainsi à entériner la hausse décidée par le précédent gouvernement. Au final, les salariés vont bien devoir travailler plus longtemps s’ils veulent partir à la retraite avec une pension à taux plein. Sans compter qu’un allongement de la durée de cotisation va toucher de plein fouet les salariés aux carrières hachées, notamment les femmes et les salariés ayant connu des périodes de chômage. Lesquels auront bien du mal à faire valoir des carrières complètes pour leurs droits à la retraite.
FO Hebdo - Avril 2013
 


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