PRÉSIDENT FO DE LA CAISSE DE RETRAITE ARRCO, IL EXPLIQUE POURQUOI SA CONFÉDÉRATION VA SE MOBILISER LE 10 SEPTEMBRE

Retraites - Fausse concertation

PRÉSIDENT FO DE LA CAISSE DE RETRAITE ARRCO, IL EXPLIQUE POURQUOI SA CONFÉDÉRATION VA SE MOBILISER LE 10 SEPTEMBRE

Sud Ouest du 9 juillet 2013 | Interview de Philippe Pihet, Secrétaire confédéral de Force Ouvrière - Secteur Retraites

Que pensez-vous de la concertation qui vient de débuter avec le gouvernement au sujet de la réforme des retraites?
Philippe Pihet: Nous avons dénoncé cette fausse concertation qui commence par l’affirmation qu’il faudra, de toute façon, allonger la durée de cotisation, puisque le gouvernement l’avait déjà décidé et écrit en rédigeant la lettre de mission où il demandait à Yannick Moreau son rapport sur l’avenir des retraites.

Vous y êtes vraiment très opposés?
Philippe Pihet: Elle a évoqué le chiffre de 44 années de cotisation, en appuyant une solution d’accélération de ce qui avait été prévu par la réforme Fillon. Une étude publiée cette année par la Drees [Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques] indique que l’âge moyen de première validation de quatre trimestres, qui marque la véritable entrée dans la vie active, était de 20,8 ans pour la génération née en 1954, et qu’il est passé à 23 ans pour celle qui est née en 1974.
Cela voudrait dire que si le gouvernement retenait la proposition de Mme Moreau qui propose que la génération née en 1975 soit obligée de cotiser quarante-quatre ans, celle-ci serait obligée d’attendre 67 ans pour partir à la retraite avec un taux plein. C’est une manière hypocrite de relever l’âge de la retraite.

Que pensez-vous de la désindexation des pensions évoquée dans le rapport Moreau, alors que vous l’avez acceptée pour les retraites complémentaires?
Philippe Pihet: En signant cet accord au mois de mars, nous avions prévenu le gouvernement que cela ne pouvait pas lui servir d’alibi pour faire de même avec le régime général. Par définition, c’est lui qui sert les plus petites retraites. Aujourd’hui, un salarié qui a cotisé au plafond pendant les vingt-cinq meilleures années de sa carrière touche 1 250 euros de pension mensuelle de base. C’est seulement avec les régimes complémentaires que certains retraités ont pu avoir des revenus qui les ont mis au-dessus du seuil de pauvreté.

Quels sont les points sur lesquels vous ne voulez pas céder?
Philippe Pihet: Il n’est pas question de rapprocher la fonction publique du régime général pour la validation des cotisations. Par exemple, dans la fonction publique territoriale et dans la fonction hospitalière, où les pensions sont servies par la CNRACL, la moitié des retraités touchent entre 700 et 900 euros par mois.
Par ailleurs, Mme Moreau elle-même a reconnu que le taux de remplacement est presque le même entre le secteur privé et la fonction publique.

Êtes-vous favorables à une hausse des cotisations?
Philippe Pihet: Puisque nous sommes dans la seringue de l’austérité, c’est une solution que nous sommes prêts à étudier. Actuellement, le financement des retraites représente 14 points de PIB, alors qu’il en était à quatre points à la fin des années 1960. On sait qu’il manquera 20 milliards en 2020, c’est justement la somme que le gouvernement a accepté de lâcher pour les charges des entreprises.

Qu’a décidé votre conseil exécutif confédéral?
Philippe Pihet: Il a donné mandat à notre bureau pour mobiliser avec les autres syndicats. Hier, nous avons décidé avec la CGT, la FSU et Solidaires de manifester le 10 septembre avant que le projet de loi ne soit finalisé.

Par J.-P. Deroudille (Sud Ouest)
 
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retraités Philippe PIHET Secrétaire confédéral de Force Ouvrière

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