RGPP

L’ÉTAT EN FUSION DANS LES DÉPARTEMENTS?

Fonction publique

L’ÉTAT EN FUSION DANS LES DÉPARTEMENTS?

Le gouvernement affirme que la RGPP est enterrée... Les fonctionnaires FO viennent toutefois de découvrir que la réalité est plus floue. En grand secret cet été, le gouvernement a travaillé au lancement de deux expérimentations sur le plan régional d’ici à la fin de l’année. Or, celles-ci rappellent étrangement la philosophie de la RGPP. «Sans concertation» avec les syndicats, s’insurge ainsi la FGF FO, les services du Premier ministre et le ministère de la Réforme de l’État ont prévu de tester une mutualisation tous azimuts, qui, généralisée pourrait être lourde de conséquences pour les agents, leurs emplois, mais aussi les missions publiques. La première expérimentation viserait ainsi à mutualiser les effectifs des fonctions support (informatique, ressources humaines, gestion...) des préfectures et des directions départementales interministérielles (DDI). La seconde, qui pourrait être mise en place dans la Région Midi-Pyrénées, viserait à fondre les crédits d’emploi des préfectures et des DDI au sein d’un même budget régional. Pour les fonctionnaires FO, cette «interministérialité forcenée» pourrait conduire à la suppression de certains corps (secteurs professionnels) de fonctionnaires, des instances paritaires (les CAP) ou encore «de certaines missions».

L’ACTION DE L’ÉTAT COMPROMISE

Cela ne serait pas acceptable, indique FO, rappelant les dégâts de la RGPP, mais aussi ceux de la réforme de l’administration territoriale de l’État (RéATE), laquelle a entraîné en 2010 la création des DDI (sous contrôle du Premier ministre), affublées désormais d’une «charte de gestion» interministérielle pour les personnels. Par ces DDI, 250.000 agents ont ainsi déjà perdu le lien entre leur service départemental d’affectation et leur ministère de tutelle. Or, intégrant la «contrainte budgétaire actuelle», le gouvernement explique qu’il compte notamment «développer des carrières locales interministérielles et amplifier le mouvement de convergence indemnitaire» des agents. Voilà pourquoi La FGF FO met en garde le gouvernement contre de nouvelles atteintes au statut général de la fonction publique. Dans le même temps, elle conteste ce mouvement d’interministérialité qui «compromet aussi fortement l’action de l’État au niveau départemental», au risque de la faire disparaître.
 
FO Hebdo - septembre 2012



LE GOUVERNEMENT FAIT APPEL AUX CIVILS POUR FAIRE LA POLICE!

Sécurité


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LE GOUVERNEMENT

FAIT APPEL AUX CIVILS

POUR FAIRE LA POLICE!

Un décret du ministère de l’intérieur élargit à n’importe quel citoyen la «réserve civile». Laquelle n’était composée jusque-là que de retraités de la police nationale. Pour FO, «avoir recours à des miliciens est très choquant».Recourir à des civils pour faire la police?


Le gouvernement a franchi le pas le 27 octobre dernier en publiant un décret en vertu de la Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure (Loppsi 2) votée en mars 2011 Laquelle prévoyait «d'élargir l'accès à la réserve civile» qui, depuis 2003, n’était composée que de retraités de la police nationale. Selon ce décret, toute personne de nationalité française qui a entre 18 et 65 ans pourra désormais prétendre à devenir «réserviste citoyen» à condition de posséder une «capacité physique et morale que requiert un emploi dans la police nationale». Effectuer ainsi des «missions de soutien aux forces de sécurité intérieure (à l’exception de celles tendant au maintien de l’ordre)».Rémunéré selon un forfait journalier de 97 euros «non-imposable», les réservistes seront appelés à exercer leur fonction jusqu'à 90 jours par an à l’issue d’une formation générale – qui n’excédera pas plus de 15 jours – sur «l’organisation de la police, ses différentes missions, ses règles déontologiques et son savoir-faire professionnel de base». Si ces volontaires ne seront pas armés et porteront un uniforme censé les distinguer des vrais policiers, personne ne sait vraiment quelles seront exactement leurs missions. De quoi inquiéter le principal syndicat de police.

«Quoiqu’en dise le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant qui nous a affirmé que ces réservistes n’effectueraient "aucune tâche opérationnelle" mais des missions de “médiation, de prévention et de surveillance générale", nous ne savons toujours pas quelles seront leurs fonctions précise», explique Yannick Danio, délégué national du syndicat Unité Police (SGP-FO). Pour lui, nous ne sommes pas à l’abri de dérapages : «si aujourd’hui ces réservistes ne sont pas armés, qui nous dit qu’ils ne le seront pas dans le futur?». Sur le fond, ajoute-t-il, «avoir recours à des miliciens est très choquant. La sécurité, ce n’est pas une affaire d’amateurs mais de professionnels.On marche sur la tête ».

Pour FO qui a voté contre ce projet de décret présenté en juin dernier au Comité technique paritaire, ce dispositif vise sans le dire à pallier le manque de postes de policiers supprimés dans le cadre de la RGPP.


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