INTERVIEW DE JEAN-CLAUDE MAILLY - Sud Ouest

 

PRESSE - COMMUNICATION

Voix de presse -   Sud Ouest

 

Sud Ouest: Pourquoi cette journée d'information de FO hier, alors que l'intersyndicale a choisi le 11 octobre ?
Jean-Claude Mailly: Cette journée d'information avait été décidée avant l'été sous forme de distribution de tracts sur l'ensemble du territoire, à propos de la crise, de nos positions et de nos revendications. On construit un rapport de force.

C'est plus difficile quand on est tout seul ?
D'autres organisations ont discuté du 11 octobre et ne sont pas arrivées à décider des modes d'actions communes. Pour notre part, nous sommes favorables à des actions communes à condition d'être bien d'accord sur les revendications et les modalités d'action. Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas autre chose demain.

L'intersyndicale est bien morte ?
Qu'il y ait des réunions de temps en temps entre les organisations, cela ne pose pas de problème. Cela a d'autant plus de poids que la situation l'exige sur un événement particulier. On constate que l'intersyndicale n'est pas un syndicat.

Les mesures de rigueur budgétaire ne sont-elles pas une situation qui exige des actions communes ?
Peut-être quand il y aura un débat parlementaire sur la loi de finances. Les deux éléments les plus graves du projet sont la taxation sur les mutuelles, qui va conduire à une augmentation de la cotisation, et la réduction de 2,5 milliards en deux ans des dépenses publiques. Nous ne sommes pas restés les deux pieds dans le même sabot, et nous avons par exemple réussi à bloquer, avant qu'elle ne soit décidée, la hausse du ticket modérateur, qui aurait conduit à une baisse des remboursements.

À quelle échéance est-ce possible ?
Qui peut savoir quelle sera la situation économique dans un mois ? Personne. Une augmentation de l'austérité pourrait entraîner des actions fortes. Les salariés qui ont en mémoire ce qui s'est passé sur les retraites ont compris qu'une journée de manifestations ne fait pas changer d'avis les gouvernements. Le rapport de force doit être plus important.

Vous êtes à Toulouse aujourd'hui et à Bordeaux la semaine prochaine pour les élections dans la fonction publique ?
Je n'ai jamais caché que la rentrée était compliquée parce qu'il y avait ces élections dans un contexte de crise et que tous les syndicats sont en campagne. Ce que nous expliquons depuis des années, c'est qu'on a supprimé 500 000 postes en six ans dans la fonction publique d'État et hospitalière, ce qui conduit à supprimer des missions de service public. Par exemple, des infirmières de nuit sont obligées de prendre des prescriptions par téléphone parce qu'il n'y a pas assez de médecins et d'infirmiers !

Des alliances sont-elles possibles avec d'autres syndicats en vue de ces élections ?
Rien n'est prévu dans ce cadre-là parce que je n'ai aucune inquiétude pour la représentativité de FO, qui est la deuxième organisation dans la fonction publique d'État. Bien sûr, nous espérons faire mieux que précédemment, même si ces élections sont les premières où toutes les fonctions publiques, d'État, territoriales et hospitalières sont réunies.

   Par JEAN-PIERRE DEROUDILLE

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster