Devenons les militants du bon travail !

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DES CONDITIONS DE TRAVAIL AUX RISQUES PSYCHOSOCIAUX A L'HOPITAL

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Par Denis


Devenons les militants du bon travail !


Il est professeur. Il consacre sa vie à ce qu’il appelle « l’énigme du travail » et à la psychodynamique du travail. Il n’est pas seul et cite souvent ses pairs auprès desquels il prend la posture d’un élève. Il sait qu’il ne peut pas tout savoir. Alors il observe, il écoute et raconte. Philippe Davezies est un militant du bon travail. Il vient d’exposer quelques aspects de ses recherches lors du 5ème colloque du Fonds National de Prévention qui s’est déroulé à Bordeaux le 26 mars 2013.[*]

Une tension sur les critères d’évaluation :

« Les salariés ne font pas toujours ce qu’on leur demande et c’est pour cela que ça marche ! C’est pour cela que le travail est un facteur de développement » Le salarié contraint, à tous les niveaux de la hiérarchie, est moins dynamique que le salarié libre d’organiser le travail prescrit.

Dans ce contexte de crise économique, la qualité devient un enjeu qui engage le débat avec les ouvriers, les techniciens, les ingénieurs d’un coté et de l’autre les managers qui souhaitent produire au moindre coût. « Si la qualité est abandonnée au profit de la rentabilité, à terme, l’entreprise fermera. »

L’intensification du travail :

« Intensifier le travail, ce n’est pas faire la même chose plus vite ! A chaque niveau de pression on change le travail. Ce n’est pas ce que l’on fait qui fait mal, mais ce que l’on ne peut plus faire. Alors travailler c’est trier ! C’est une forme d’individualisation du travail qui impose les arbitrages. Il faut se débrouiller seul. Ainsi on entre dans une tendance de dissolution des critères communs définissant le bon travail. Le bon travail selon l’ouvrier ne sera pas le même que le bon travail évalué par le manager. Et c’est là une source de conflits majeurs qui pourrait être évités avec un peu de bon sens.

 

Discuter sur le travail :

Ce n’est pas facile. L’obscurité de l’activité est un obstacle majeur. L’homme est ainsi fait qu’il est doué d’émotions et de sensations qui lui permettent de s’adapter en permanence. Le travail est certes le produit d’un objectif fixé, mais la manière de bien le réaliser sera différente selon les individus. Il est ainsi constaté que la manière de bien travailler, la manière dont le salarié va appréhender le travail et le réaliser sera différente d’un salarié à un autre. Pourtant tous les deux travaillent bien et seul le résultat devrait être observé.

D’où l’importance d’une réflexion sur l’activité. Nous sommes plus conscients de ce que l’on a raté de ce que l’on réussit. Il ne viendrait à l’esprit de personne de se réveiller la nuit pour dire « j’ai bien fait mon travail ». Par contre le contraire est bien présent.

 

Le conflit avec le chef :

Il faut que le salarié puisse exprimer ses propres normes sur le bon travail. Or en l’empêchant de le faire il va se réfugier dans le langage commun, le prêt à penser, les phrases généralistes toutes prêtes qui vont stigmatiser les positions et parfois ouvrir la voie du conflit. Ne pas autoriser ou ne pas inviter à parler du bon travail ne peut que générer du stress, des tensions dont il est très difficile de sortir.

Construire des espaces de dialogue :

Il ne faut pas hésiter à se confronter sur le travail. C’est sain. Il faut le faire au plus près du travail. Il ne s’agit pas simplement de discuter mais d’échanger pour produire des règles.

La recherche de ce débat avec les organisations syndicales dans ce but est essentielle.

 

En, conclusion pour le professeur Philippe Davezies, le bien-être au travail ne peut être que le résultat du « bien travailler » !

DG

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Nota : FO-santé aura le plaisir de recevoir Philippe Davezies à Lyon le 25 septembre 2013, dans le cadre d’une conférence du salon Préventica.

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