Didier Bernus : « Nous devons combattre les politiques d’austérité »

XXVIIe Congrès de la Fédération des services publics et de santé FO

Mercredi 2 décembre 2015

Didier Bernus, Secrétaire général : « Nous devons combattre les politiques d’austérité »

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Didier Bernus, secrétaire général de la Fédération des services publics et de santé FO (SPS-FO)
Tony Artigas

FO Hebdo : Le XXVIIe congrès de la fédération des services publics et de santé FO (SPS-FO) s’est tenu du 23 au 27 novembre 2015 à Reims. A quelles problématiques sont confrontées ses deux branches, celle des personnels de santé et celle des territoriaux ?

Didier Bernus : La première d’entre elles, c’est l’impact des politiques d’austérité sur les services publics. Nous sommes frappés de plein fouet. La seule logique à l’œuvre et de faire des économies et nous assistons à une réduction sans précédent des moyens accordés aux services publics, avec un plan de baisse des dépenses publiques de 50 milliards d’euros. Ces politiques ont de graves conséquences sur la qualité du service et sur les conditions de travail, qui se dégradent comme jamais.

FO Hebdo : Comment cela se traduit-il concrètement dans les collectivités territoriales ?

Didier Bernus : La fonction publique territoriale est mise à contribution sur ce plan à hauteur de 11 milliards d’euros. Cela correspond à des baisses de dotations en direction des collectivités territoriales. Pour compenser ce manque à gagner, on tape sur les effectifs, sur les missions de service public, sur les dispositions statutaires. La réforme territoriale, avec notamment la loi NOTRE, sera l’occasion de procéder à des regroupements et de supprimer des postes. Les agents sont aussi frappés au porte-monnaie. Enfin, l’austérité impacte lourdement l’investissement public. En 2015, on sera à - 17%. Rien que dans le BTP, cela représente une remise en cause de 60 000 emplois entre 2012 et 2017.

FO Hebdo : Et dans la santé ?

Didier Bernus : On demande un effort sans précédent aux hôpitaux, avec 3,4 milliards d’économies d’ici à 2017. Cela trouve sa traduction par un taux d’évolution des dépenses de santé historiquement bas, fixé à 1,75% pour 2016, alors que la tendance normale des dépenses est de l’ordre de 4%. Le projet de loi pour la modernisation du système de santé prévoit par ailleurs l’obligation pour les hôpitaux d’adhérer à un groupe hospitalier de territoire ou GHT. Ces regroupements vont engendrer plus de 20 000 suppressions de postes. On va aussi diminuer le nombre de lits. Les établissements hospitaliers, leur personnel, les usagers, tout le monde paye cette facture.

FO Hebdo : Quels sont les principaux défis à relever pour les trois prochaines années ?

Didier Bernus : Nous devons combattre l’austérité car elle remet en cause les services publics, les statuts des agents et bloque leurs rémunérations. Le point d’indice est gelé depuis 2010, c’est un scandale. Notre congrès a voté une résolution qui prévoit de préparer les conditions d’une grève interprofessionnelle.

FO Hebdo : Tu as annoncé devant la congrès que tu ne renouvellerais pas en avril prochain ta candidature au secrétariat fédéral, et donc aux fonctions de secrétaire général de la fédération. Peux-tu te présenter et rappeler ton parcours syndical ?

Didier Bernus : Après vingt ans passés au bureau de fédération, dont deux mandats de secrétaire général, je souhaite en effet passer la main. Mais je continuerai à militer, autrement. Avant mon arrivée au bureau fédéral, j’ai milité pendant dix ans au niveau régional en tant que secrétaire de la région Poitou-Charentes-Limousin et j’ai surtout été encore avant pendant dix ans le secrétaire du syndicat de mon établissement, le centre hospitalier Laborit de Poitiers. De formation, je suis infirmier de secteur psychiatrique.

Propos recueillis par Françoise Lambert

 

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