Faut-il fusionner les hôpitaux jusqu’à l’explosion ?

Faut-il fusionner les hôpitaux jusqu’à l’explosion ?

fo-sante-org.jpgDES CONDITIONS DE TRAVAIL AUX RISQUES PSYCHOSOCIAUX A L'HOPITAL

Par fo-sante.org

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Le regroupement d’établissements hospitaliers devait être la solution à tous les maux de l’hôpital. Alors, sans analyser le bien fondé de ce postulat, sans une étude systémique[1] portant sur les conséquences de cette solution dite miracle, les directeurs, et principalement ceux qui voulaient soigner leur carte de visite en vue d’une possible promotion, se sont engouffrés dans cette voie qui s’avère aujourd’hui sans issue.

C’est l’IGAS, l’Inspection Générale des Affaires Sociales, des gens sérieux, qui dans un rapport assorti de 29 recommandations explique cette impasse.

« Sur le plan financier, la fusion n’est en général pas l’outil le plus pertinent pour réduire les déficits hospitaliers, qui supposent surtout, pour les établissements concernés, un effort de réorganisation interne pour réduire leurs dépenses. De plus, au-delà d’un certain seuil que les études disponibles situent entre 600 et 900 lits de court séjour, la grande taille présente pour un hôpital plus d’inconvénients que d’avantages. L’expérience enseigne en outre que les processus de fusion sont en eux-mêmes sources de surcoûts ou de dysfonctionnements. »

Lorsque le syndicat affirme la même chose, il est qualifié de ringard ne comprenant rien à l’évolution du monde. Là, c’est l’IGAS ! Alors c’est certainement vrai.

Après avoir contenu les espérances des évolutionnistes  débridés dans les remarques ci-dessus, l’IGAS donne quelques conseils si « l’intégrisme fusionnel » devait se poursuivre. Il est vrai qu’en France, lorsqu’une innovation est jugée contestable et inefficace, il y a toujours des experts plus experts que les experts pour démontrer qu’il faut continuer, car le progrès pour eux, c’est la marche en avant, même si au bout se trouve un précipice.

L’IGAS donne quelques conseils de méthode aux amateurs de précipices pour mettre en place au minimum un accompagnement social de qualité.

« Comme dans toute opération de fusion d’entreprises de services, le volet social est particulièrement important et le négliger conduit à fragiliser le projet. »

 

Les instances représentatives du personnel doivent être associées en amont.

« Les organisations syndicales, le comité technique d’établissement (CTE) et le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) doivent être informés très tôt et très clairement du projet de fusion.  C’est, dans un premier temps, à la gouvernance des établissements concernés d’assurer cette information.»

La recommandation n°27 préconise de « créer une instance de dialogue social spécifique au projet de fusion afin que les représentaAnts du personnel puissent être informés de l’avancement du projet et associés à la résolution des problèmes. »

 

Si les fusions, comme le souligne l’Igas, sont sources de surcoûts ou de dysfonctionnements, il serait temps de les arrêter car les personnels hospitaliers qui en deviennent les victimes sont au bord de l’explosion. et les malades ne sont pas mieux pris en charge, au contraire.

Après ce rapport, peut-être pourrons-nous rencontrer ça et là, des gens normaux qui accepteront d’accueillir dans les établissements hospitaliers la richesse de la différence qu’apporte l’organisation syndicale.

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DG

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[1] Etude globale d’un système complexe qui permet d’appréhender les conséquences d’une action sur un ensemble cohérent. Par exemple,  les effets d’une fusion sur l’emploi, la qualité du travail, des soins, des coûts, l’environnement, etc.


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