Hôpital: Chauny «Si on ne veut pas détruire d’emploi, il faut de l’activité»

Aisne Nouvelle

Jeudi 14 mai 2015

Hôpital Chauny :«Si on ne veut pas détruire d’emploi, il faut de l’activité»

En poste depuis six mois, la directrice Sophie Albert fait le point sur les premières mesures qui ont été prises pour retrouver l’équilibre financier, et sur celles à venir.

Sophie albert photo aisne nouvellePhoto Aisne Nouvelle

Nommée pour une année renouvelable à la tête du centre hospitalier de Chauny, Sophie Albert doit apporter un nouveau souffle à l’établissement. Des réorganisations ont été mises en place.

Dans quel état de santé se trouve l’hôpital de Chauny ?

Il se porte comme il peut. En tout cas, il n’y a pas de miracle par rapport à la situation qui était la sienne l’année dernière… Mon objectif est toujours de développer l’activité en lien avec les autres hôpitaux du territoire de santé dont celui de Saint-Quentin qui est l’hôpital pivot (Chauny est le deuxième sur un total de dix). La difficulté majeure, c’est la pénurie de médecins. Et l’une des difficultés de cet hôpital, c’est son image, à tort ou à raison.

Quelles sont les activités médicales attendues ?

Depuis quelques jours, nous avons mis en place la chirurgie bariatrique qui concerne les personnes souffrant d’obésité. Nous avons aussi des projets autour de la chimiothérapie et l’hémodialyse : j’espère qu’ils pourront voir le jour avant la fin de l’année.

En quoi est-ce si important ?

Si on ne veut pas détruire d’emploi, il faut développer l’activité. C’est la principale solution pour retrouver un équilibre financier dans deux ou trois ans.

Quelles sont les mesures que vous avez prises depuis votre arrivée ?

Il y a eu la réorganisation des services techniques en deux grands pôles : la restauration d’un côté, la logistique et le transport de l’autre. L’objectif est de jouer sur la polyvalence pour réduire, autant qu’on le peut, les remplacements. C’est une manière de faire des économies. Le fait d’inciter les personnes qui étaient à l’arrêt depuis longtemps à reprendre du service, parfois en ayant un poste aménagé, est aussi une mesure d’économie.

Et sur l’aspect purement médical ?

Comme la loi nous l’imposait, la réorganisation des services médicaux du centre hospitalier est en cours. Quatre grands pôles ont été retenus : « Maternité-gynécologie-chirurgie » ; « Médecine-secteur personnes âgées » ; « Cœur-poumon-urgences » ; « Services médico-techniques ».

Avez-vous d’autres pistes pour réduire les charges de l’établissement ?

Nous menons actuellement une grande réflexion sur le fonctionnement futur des blocs, des gardes, des astreintes. Il faut savoir que les médecins ont décidé de baisser le montant de leurs astreintes. C’est un geste solidaire ; il n’y a aucune économie à la marge.

Pourrez-vous tenir votre engagement pris lors de vos vœux de ne fermer aucun lit ?

J’espère. Ce que je ne voulais pas, c’est qu’on ferme des lits parce qu’on manquait de personnel. Des ajustements ont d’ailleurs été faits. Mais si l’activité n’est pas là, il faut se poser des questions. Comme d’autres établissements, on s’oriente de plus en plus vers de l’ambulatoire. C’est une réponse à l’évolution de la médecine.

Des suppressions de postes sont-elles à craindre ?

Pour le moment, il y en a eu très peu, et je m’efforce qu’il n’y en ait pas. On ne pourra pas maintenir les emplois s’il n’y a pas de travail, c’est pour cette raison que l’activité doit être développée, et que celle existante doit être plus connue.

Quel est votre programme dans les six mois à venir ?

Écrire le projet médical de l’établissement, terminer la mise en place des quatre pôles cliniques. Comme vous pouvez le constater, il n’y a pas de révolution, on essaie de faire les choses en douceur.

Une image à soigner

La réputation du centre hospitalier de Chauny ressemble à un encéphalogramme. En d’autres termes, il connaît des hauts et des bas, en fonction des expériences vécues par les uns et les autres.

En ligne de mire des patients (et des idées reçues ?), il y a de manière récurrente la chirurgie. « C’est plus un problème d’image que de compétence, signale d’emblée la directrice de l’établissement. Il suffit d’un incident pour ternir l’image d’un service, mais il faut des années pour s’en remettre. » L’arrivée de nouveaux praticiens pourrait faire évoluer les mentalités. « On est toujours à la recherche de chirurgiens », annonce d’ailleurs Sophie Albert. Laquelle compte sur les médecins de ville, entre autres, pour redorer le blason de l’hôpital auprès des patients.

À l’inverse, la maternité, le pôle « cœur – poumon » ou encore tout le secteur gériatrique sont globalement bien « notés ». Tout n’est donc pas négatif. « L’atout de l’établissement est d’être un hôpital de proximité, familial avec une qualité de relations humaines. Il convient de valoriser cet atout », préconise la direction. Comment ? En améliorant, par exemple, la qualité de l’accueil physique et téléphonique.

Un partenariat «au service des patients»

À l’initiative du centre hospitalier, une quarantaine de médecins, cadres, soignants, personnels administratifs et techniques de l’hôpital, mais également des acteurs locaux du bassin de vie chaunois (médecins de ville, professionnels paramédicaux, représentants d’associations et patients) ont partagé leur vision sur l’avenir de l’établissement (1) .

« Cette séance de travail collaboratif et pluridisciplinaire a permis de mettre en exergue les forces de l’établissement et de proposer des projets pour améliorer ses faiblesses », indique la directrice Sophie Albert. les participants se sont mis d’accord en faveur « d’un partenariat ville-hôpital au service des patients ». Dans ce cas, le terme ville ne signifie pas municipalité, mais il fait référence aux professionnels de santé exerçant en externe.

Trois grands axes ont été retenus : clarifier les relations ville-hôpital ; mieux répondre aux attentes des usagers ; communiquer sur les offres et les services.

« Cet hôpital doit offrir des consultations avancées, développer des filières de prise en charge des patients avec la ville, et anticiper le départ à venir de 50 % des médecins généralistes du secteur. » Sur ce dernier point, Sophie Albert admet que ce ne sera pas simple, que cela ne concerne pas uniquement l’hôpital de Chauny.

La direction veut aussi mettre en avant les atouts de l’établissement « qui sont méconnus » à l’image du plateau médico-technique. « Il faut donc les valoriser auprès des patients et également des professionnels de la ville. » Cela passera notamment par une meilleure information des patients sur les parcours de soins dans l’établissement « pour faciliter la compréhension de leur prise en charge ».

L’opération séduction et reconquête est lancée…

(1) Contactés sur le sujet, les responsables des organisations syndicales ne nous ont pas répondu.

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