L’infirmière administrateur !

L’infirmière administrateur !

fo-sante-org.jpgDES CONDITIONS DE TRAVAIL AUX RISQUES PSYCHOSOCIAUX A L'HOPITAL

Par fo-sante.org


Nous sommes au Centre Hospitalier de La Chatre dans l’Indre. Il est 6h30 du matin. Elle est seule infirmière dans un service de cet établissement Hébergeant des Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) qui accueille 60 résidents.

Au rez-de-chaussée, une seule aide-soignante pour 40 personnes âgées. Sa collègue ne viendra pas ! Elle est victime d’un accident de la route. A 7 heures, comme prévu, deux ASHQ[1] prennent leur service. Elles arrêteront à 13 h pour reprendre de 17h30 à 20h30. Elles travailleront en horaires coupés sur une amplitude de 13h30 alors que la réglementation n’autorise qu’un maximum de 10h30 !

Nous sommes dans un EHPAD, loin de la République. Le droit s’arrête aux portes des vestiaires.

Au 1er étage, une seule ASHQ pour 20 résidents déments déambulants dans un service fermé. Une autre viendra en renfort à partir de 7 heures.

Il n’est pas possible de répondre à toutes les sollicitations avec seulement deux professionnelles habilitées pour 60 personnes, … et dans quel état ! L’infirmière appelle tout de suite l’administrateur de garde pour l’informer de la situation afin qu’il prenne les décisions qui s’imposent. En retour ce dernier lui demande d’appeler ses collègues en repos. Devant la charge de travail considérable et face à la gestion médico-administrative d’un décès survenu dans la nuit, l’infirmière refuse. Il ne lui appartient pas d’entreprendre cette recherche et surtout, elle n’a pas une minute pour cela. L’administrateur la menace d’un rapport ! « Si vous refusez d’obéir je vous mets un rapport »

Ce sera chose faite le 4 mai. Cette infirmière se voit opposée par la directrice de l’établissement l’article 28 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, « tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public ».

Dans ce cas, curieusement,  le droit devient opposable au personnel !

Le syndicat FO de l’établissement, informé,  rappelle qu’il appartenait à l’administrateur de garde de gérer cet événement imprévu et de veiller au remplacement du personnel absent dans les meilleurs délais. Son  rôle consiste également  à prendre les initiatives et les décisions qui s’imposent, chaque fois qu’elles sont nécessaires. Ce syndicat rappelle que l’administrateur de garde, qui est un directeur, perçoit une indemnité pour assurer cette garde administrative.

Il ne peut donc y avoir sanction, d’autant plus qu’en aucun cas une infirmière ne peut prendre les responsabilités qui incombent à un directeur. Les cadres de santé n’ont pas cette faculté et encore moins une infirmière. L’ordre est donc manifestement illégal !

Que doit-on penser de ces directeurs qui exigent des autres ceux qu’eux mêmes ne sont pas capables de réaliser ? Que peut devenir la motivation des personnels, le bien être au travail, lorsque le bâton ne cesse d’être montré aux agents pour tenter de masquer l’inconséquente hiérarchie ?

DG

 

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