La Tribune n° 79 - Mars 2014

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Ayant choisi de ratifier le traité budgétaire et son corollaire, l’austérité, le président de la République et le gouvernement multiplient les annonces qui liquident les acquis et droits sociaux.

C’est ainsi qu’avec le « pacte de responsabilité » est confirmé l’objectif de dégager « au moins 50 milliards d’euros » d’économie sur les finances publiques. Cela conduit à poursuivre la politique de gel du point d’indice commencée par leurs prédécesseurs en 2010 ainsi qu’à poursuivre et amplifier les suppressions de postes dans la fonction publique. Mais comme cela ne suffit pas, ils « réfléchissent » à la mise en place du gel des avancements de grade et d’échelon !

Au passage, ces mesures désignent les fonctionnaires et agents publics comme les responsables de la crise et de la dette !

Tout ceci est d’autant plus révoltant que la majorité d’entre nous est classé dans une grille de catégorie C (3 agents sur 4 dans la Fonction Publique Territoriale et plus d’1 agent sur 2 dans la Fonction Publique Hospitalière) et déroule une bonne partie de sa carrière au niveau du SMIC (voire en dessous pour les agents à temps partiel ou à temps non complet). Et ce n’est pas beaucoup mieux pour les agents de catégorie B, qui démarrent leur carrière au niveau du SMIC, ni pour ceux de catégorie A, qui démarrent juste au dessus du minimum de rémunération.

Après la nouvelle contre-réforme de 2013 qui a enterré la retraite à 60 ans et amplifié la durée de cotisations, ce gouvernement s’attaque à la remise en cause de la catégorie active, en avançant masqué. Ainsi prend-il des décisions pour supprimer la possibilité de partir à 57 ans à certains collègues, qui, jusque-là, bénéficiaient du droit à la catégorie active (par exemple, dans la Fonction Publique Hospitalière, pour les auxiliaires de puériculture exerçant dans les crèches accueillant les enfants du personnel).Didierbernus

Dans le même temps, il met en place un groupe de travail au niveau du ministère de la santé, pour reconsidérer les conditions de prise en compte de la pénibilité, actuellement attachées à un corps ou à un grade. Une individualisation de la « reconnaissance de la pénibilité » conduirait à supprimer la catégorie active pour plusieurs dizaines de milliers d’agents.

En annonçant un pacte de responsabilité qui intègre la suppression de la participation des employeurs au financement des caisses d’allocations familiales (30 milliards €), c’est un pan entier de la protection sociale qui se trouve menacé ! Ce cadeau aux entreprises contre d’hypothétiques créations d’emplois s’effectue sans compensation des sommes nécessaires au financement de la politique familiale et ouvre la porte à la remise en cause de la sécurité sociale et de son financement par le salaire différé.

Que dire de la multiplication des plans sociaux, de la remise en cause du code du travail par l’accord national interprofessionnel de janvier 2013, de la multiplication des attaques à l’encontre des statuts et conventions collectives nationales ?

Et, pour boucler la boucle, le service public républicain subit les coupes budgétaires, la baisse des effectifs, la remise en cause du service public et de l’égalité républicaine.

Force Ouvrière, ses syndicats, ses syndiqués, résistent et se battent tous les jours contre la liquidation des acquis sociaux.

En s’opposant au pacte de responsabilité, la grève interprofessionnelle du - 18 mars initiée par la confédération FO dans le prolongement du meeting du 29 janvier 2014, à laquelle se sont associés d’autres syndicats - participe à établir un rapport de force pour stopper cette austérité et promouvoir le progrès social par la satisfaction des revendications.

Rien n’est inéluctable, aussi nous continuerons inlassablement d’agir pour l’augmentation des salaires, des pensions et du pouvoir d’achat, la création d’emplois, la défense de la protection sociale collective et la défense du service public républicain.

La Tribune FO Santé n° 79

 
 

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