Le Père Noël pique sa crise

La chronique de Laurent

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Le Père Noël pique sa crise…

Par Denis

La chronique de Laurent

.Ordinairement, la période de Noël est propice au respect d’une forme de trêve sociale. Statistiquement reconnue par les DRH pour être riche en arrêts de travail de part sa nature hivernale, elle est souvent anticipée en tant que période nécessitant un surcroît de remplacements.

Oui mais voilà… « Vous décorerez le service sur votre temps de repas ! »

On pourrait penser qu’un établissement de santé doit faire son possible pour permettre aux patients et à leur familles de mieux supporter l’hospitalisation lors des fêtes en leur permettant par de petites choses, de bénéficier a minima d’une atmosphère plus festive qu’à l’ordinaire.

Mais la politique nationale des financiers qui organisent les restrictions budgétaires que connaissent nos établissements, grands ou petits ;  la soumission aux Agences Régionales de Santé d’une majorité d’équipes de Direction, qui doivent racler les fonds de tiroirs pour ne pas plomber leur  propre carrière s’ils ont le malheur de dépenser trop d’argent pour « faire du social » ;  l’exploitation programmée de vos organismes quotidiennement phagocytés par la dégradation continue de vos conditions de travail ;  les méfaits de la tarification à l’activité ;  tout ceci concourt à faire de la période de Noël une période comme les autres…

Cette année, les remplacements seront plus que jamais comptés, les repas de Noël améliorés seront plus que jamais frugaux, les spectacles des arbres de Noël et les animations en service de personnes âgées seront choisis sur le seul critère du coût. Bien entendu, on demandera plus que jamais au personnel d’être présent ou disponible, souriant et consentant, de revenir sur leurs repos, de travailler du soir puis du matin le lendemain, d’annuler les projets personnels par manque de crédits de remplacements…

Malheureusement le plus grave est à venir et le Père Fouettard en embuscade…

Au menu du réveillon : Le plan de retour à l’équilibre et son florilège d’acquis locaux rôtis

Si les tracasseries quotidiennes sont pour beaucoup dans la dégradation des conditions de travail, la politique de destruction du service public à grande échelle et son cortège de restrictions budgétaires autorise toutes les craintes pour l’avenir. Les contrats de retour à l’équilibre budgétaire ne sont qu’un bel euphémisme pour cacher la réalité de notre proche avenir. Partout en France, les hôpitaux souffrent financièrement et génèrent par ricochet la souffrance psychosociale des agents. Tout laisse à penser que les acquis locaux divers et variés seront les premiers sur la liste des remises en cause. Viennent ensuite les restructurations diverses et variées qui permettent de supprimer sans états d’âme nombre d’emplois contractuels en optimisant le temps de travail effectif des agents titulaires. La mutualisation des moyens vers laquelle tous les établissements s’orientent, illustre bien la   Fonction Publique  XXIème siècle où les hospitaliers ne sont plus que des matricules. La Santé coûte cher, et demain, la facture se règle par le sacrifice des bonnes conditions de travail. La mise en lumière des risques psychosociaux et l’importance de leur prévention sur les budgets de remplacement paraît bien fragile face à la rentabilité à court terme qui épuise les agents au quotidien.

 

Voici venu le moment où l’ambivalence se dessine plus clairement que durant le reste de l’année. Tout à la fois lutins du Père Noël, en lutte quotidienne contre la souffrance, dévoués et remplis d’abnégation, portés par des valeurs humanistes, de celles qui distinguent notre espèce… et tout à la fois dindons de la farce, prisonniers la conscience, du dévouement, les hospitaliers sont victimes par ricochet de l’indifférence des technocrates…

Il n’est plus temps de laisser à d’autres le soin d’écrire la liste des cadeaux, car nous savons désormais que lorsqu’il pique sa crise, le Père Noël est une ordure…

 

Laurent

Même le père noël est en panne !

Par Denis

Il aurait pu arriver à temps ! Mais pour cela il faut pouvoir entretenir le matériel en état de marche.

Mais rassurez-vous:  la panne, c’est ce qui prècède le changement !

Un dessin de notre dessinateur Gécé

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