LETTRE AUX PARAMEDICAUX - RAPPORT IGAS-IGAENR

FO SANTE SOCIAUX

 

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ADRESSE A TOUTES NOS STRUCTURES

             « Services de Santé »

Cher(e)s camarades,

Nous vous prions de trouver ci joint une "lettre aux paramédicaux" relative au rapport conjoint IGAS/IGAENR paru le 18 février dernier relatif au  processus d'universitarisation des diplômes des professions de santé.

Nous vous invitons à communiquer cette lettre à tous nos collègues relevant des filières santé, rééducation et médico techniques dont les formations initiales sont concernées par ce rapport.

Avec toutes nos amitiés syndicalistes

Le Secrétariat Fédéral

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Le rapport Igas-IGAENR invite à plus de souplesse dans l'organisation des stages infirmiers

20/02/14 - 14h38 - HOSPIMEDIA |

La nouvelle organisation des stages infirmiers soulève des difficultés. Plusieurs pistes d'amélioration sont proposées par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR).

C'est l'un des points de fragilité de la formation rénovée des infirmiers : l'organisation des stages. Dans son rapport* sur l'universitarisation des formations paramédicales publié le 18 février (lire-contre), la mission conjointe de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR) rapporte les critiques "quasi unanimes des étudiants" sur l'organisation actuelle des stages.


La réforme a en fait réduit le nombre de semaines de stage de 68 à 60 et le nombre de périodes de stage de 9 à 6, alors que la durée moyenne des stages a été allongée de 8 à 10 semaines. Par ailleurs, la définition des terrains de stages a été modifiée en profondeur. "À une approche des stages par disciplines cliniques est substituée une répartition par "familles de situations" ne recoupant que très partiellement la ventilation par discipline", rappelle la mission. La réforme a enfin introduit le portfolio que chaque étudiant conserve durant toutes ses études : il permet aux tuteurs d'évaluer les stages et aux élèves de mesurer leur progression.


Or, l'organisation en "familles de situations", combinée à la durée des stages portée à 10 semaines, peut se révéler problématique, relèvent l'Igas et l'IGAENR. "La nouvelle organisation peut conduire un étudiant à ne découvrir, parfois seulement en fin de scolarité, qu'une toute petite partie de l'activité de Médecine-chirurgie-obstétrique (MCO) lors de son stage en "soins de courte durée" alors qu’auparavant, les étudiants pouvaient découvrir la totalité des services de MCO à l’occasion de 24 semaines de stages", explique le rapport.

 

Par ailleurs, "10 semaines apparaissent comme une durée beaucoup trop longue pour certains stages qui impliquent peu d’actes de la part des infirmiers ou encore si les relations au sein du service sont mauvaises". Enfin, "la difficulté à trouver des terrains de stage peut conduire à multiplier les stages en relation avec le même type de malades", pointent encore l'Igas et l'IGAENR.

Supprimer les rentrées décalées

En réponse, les deux inspections proposent d'introduire plus de souplesse dans l'organisation de ces stages. Par exemple, en permettant les changements de service lorsque cela apparaîtrait pertinent et en affectant les stagiaires à un pôle d'activité médicale.

En revanche, plus de rigidité serait nécessaire en contrepartie, selon elles. Il s'agirait d'imposer que le stage de "soins de courte durée" intervienne en début de scolarité et de veiller à ce que les stages "permettent bien d'embrasser le champ des pratiques infirmières sans se limiter à une ou deux problématiques de santé telle la dépendance". Enfin, la mission juge souhaitable de supprimer les rentrées décalées qui compliquent l'organisation de la scolarité, et en particulier des stages. 

Des mesures suffisantes ? En tout cas, le rapport reconnaît volontiers : "Résoudre la contradiction qu'il peut y avoir à réduire de huit semaines la durée globale des stages tout en faisant passer de huit à dix semaines la durée moyenne des stages et en étendant le périmètre des terrains de stage n'est pas évident."

Le portfolio mal utilisé par les tuteurs

Au sujet du portfolio, l'Igas et l'IGAENR remarquent que les étudiants l'ont, "à l'évidence", adopté. Contrairement aux tuteurs de stage... La faute à l'absence de formation à son utilisation. Les tuteurs "ne sont souvent pas à même de le remplir de manière pertinente alors qu’il s’agit d’un élément essentiel pour la validation des stages", déplore la mission. Celle-ci remarque : "Les directeurs d’Ifsi (Institut de formation en soins infirmiers, NDLR), conscients du problème, font de la formation des tuteurs une priorité mais le turn-over de ces derniers est tel que, régulièrement, les étudiants sont confrontés à des tuteurs ne maîtrisant pas l’usage du portfolio." Elle estime au final indispensable que soit généralisée et organisée en lien avec les Ifsi la formation des tuteurs.

Sandra Jégu

 

Les autres points de fragilité de la réforme à surveiller ou corriger

- Processus d'universitarisation inachevé dans pratiquement toutes les universités rencontrées par la mission (toutes les Unités d'enseignement (UE) de formation théorique ne sont pas encore assurées ou coordonnées par des hsopitalo-universitaires, le contrôle des connaissances par l'université n'est pas toujours mis en place, la coordination des différents Ifsi reste à améliorer).


- Absence de prise en charge institutionnelle de l'articulation entre la formation universitaire et la formation professionnelle.


- Possibilité pour les étudiants qui n'ont pas tous leurs crédits de passer néanmoins dans l'année supérieure trop large.

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Le grade de licence doit être étendu à toutes les professions paramédicales, selon l'Igas-IGAENR

19/02/14 - 18h07 - HOSPIMEDIA |

Le rapport de la mission conjointe de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR) sur l'universitarisation des formations paramédicales a enfin été publié, ce 18 février. Il invite à vite reprendre les travaux de réingénierie.

Hasard du calendrier ? Les négociations sur le futur statut des sages-femmes hospitalières prennent fin. C'est alors que le fameux rapport (à télécharger ci-contre) de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR), consacré à la poursuite de l'universitarisation des formations paramédicales, sort enfin des placards. Bouclé dès l'été 2013, sa publication avait été annoncée pour la fin d'année dernière... avant d'être retardée. Au grand dam des professionnels impatients de voir enfin reprendre les travaux de réingénierie de leurs formations appelées à être intégrées dans le dispositif LMD, Licence-Master-Doctorat.

Pour mémoire, la concertation au sein de groupes de travail constitués pour chaque profession a débuté en 2008. L'objectif de l'époque était d'achever la refonte de l'ensemble des formations à l'horizon 2012. Sauf qu'en 2012, seuls les infirmiers en soins généraux et les ergothérapeutes disposaient d'un diplôme rénové reconnu par décret au grade de licence. La réflexion s'est en effet arrêtée fin 2011-début 2012 : les discussions menaient dans l'impasse. "Faute d'un cadre en amont, les acteurs se sont engagés dans une forme de "course" au rallongement des cursus de base", expliquent notamment l'Igas et l'IGAENR.

 

Les ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur ont finalement confié en octobre 2012 une mission conjointe aux deux inspections. Il leur était en particulier demandé de proposer des critères permettant de définir objectivement les professions devant avoir accès au niveau licence ou au niveau master.

"Globalement positif"

Dans un premier temps, le rapport Igas-IGAENR dresse le bilan de la réingénierie de la formation infirmière. Un bilan "globalement positif", estiment les deux inspections. Elles recommandent qu'une autorité scientifique indépendante évalue la qualité des professionnels formés lorsqu'au moins trois promotions auront obtenu le nouveau diplôme. Le dispositif de formation nouvellement en place subit tout de même les contre-coups de sa gouvernance, particulièrement éclatée (Régions, universités, Instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi) et hôpitaux...).

 

Des tensions sont vite apparues entre tous ces acteurs, pour des raisons financières d'abord : Régions qui ont estimé ne pas recevoir assez de compensations de l'Etat, universités qui ont jugé de pas recevoir assez de subsides des Régions... 



Pour améliorer les relations entre ces acteurs, la mission propose plusieurs pistes. A commencer par une simplification des circuits financiers qui pourrait passer notamment par un rattachement juridique des Ifsi à un Groupement de coopération sanitaire (GCS) de moyens. Celui-ci gèrerait les crédits dévolus à la formation des professions paramédicales qui ne transiteraient plus par l'hôpital. Il aurait aussi un rôle d'interface entre les universités et les Régions. 

Relance des travaux jugée urgente

A quoi désormais les autres paramédicaux doivent-ils s'attendre ? L'Igas et l'IGAENR estiment urgent que les ministères relancent les travaux de réingénierie pour achever rapidement l'universitarisation des formations de base. "Il faut maintenant aller au bout de cette logique de rapprochement voulue par tous : la reconnaissance du grade universitaire de licence doit être étendue à toutes les professions paramédicales suivant un calendrier accéléré", écrit la mission. 



Concernant la "course" au master, la mission observe : "La promesse d’une reconnaissance du certificat de capacité d'orthophoniste au niveau master et du diplôme d’État de masseur kinésithérapeute au niveau bac +4, avec la prise en compte de l’année préparatoire, a (...) eu pour effet immédiat de fonder de nouvelles revendications des autres professions, qui ont le sentiment d’avoir été "oubliées" et de n’avoir pas su se faire entendre suffisamment."

 

Or, tout allongement de la durée des études "ne peut être justifié que par un réel besoin de formation supplémentaire au vu des compétences à acquérir pour exercer le métier considéré en l’état actuel de la réglementation". Cela vaut notamment pour les puéricultrices et les Infirmières de bloc opératoire diplômées d'état (Ibode). La crainte des inspections : que cet allongement des études freine l'accès aux formations (surcoût à la charge des familles ou des employeurs).


Toujours au sujet du master tant convoité, l'Igas et l'IGAENR écrivent : "Sur la base d'un métier socle, chaque professionnel doit pouvoir poursuivre son propre parcours mais ce parcours ne le conduira pas nécessairement vers un master et vers la recherche." Et d'enfoncer le clou : "Autant, il est souhaitable que les universités soient encouragées à développer des masters pluridisciplinaires de recherche ouverts aux professionnels de santé (...), autant la création de masters spécialisés ne saurait constituer la réponse unique aux besoins de formation au-delà du métier socle."

Transversalité

La mission considère qu'il ne faut plus désormais travailler profession par profession. Place donc à la transversalité. "Cette approche (...) est indispensable pour développer une culture commune et faciliter les pratiques interdisciplinaires", écrit-elle. Elle ajoute : "De plus, elle devrait permettre d'organiser des enseignements communs à plusieurs professions, piste d'amélioration de la qualité de la formation, tout en réduisant les coûts." 


Au final, la mission précise qu'elle "n’a pas souhaité remettre en cause un certain nombre de choix qui avaient été faits ab initio". Des choix pourtant à l'origine des difficultés rencontrées. En particulier, celui "de lier la revalorisation indiciaire des infirmières et l’accession à un "grade" universitaire portait en germe, dès l’origine (...) les revendications actuelles d’un rallongement systématique des formations, que ce soit au niveau du diplôme de base ou au-delà, sans que ces demandes soient nécessairement adossées à des besoins réels en matière de santé publique", estime la mission.

Sandra Jégu

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SUPPLEMENT AU N° 97 DE LA LETTRE AUX SYNDICATS FO SANTE de Février 2014

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