Prévention des risques psycho-sociaux : un leurre ?

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DES CONDITIONS DE TRAVAIL AUX RISQUES PSYCHOSOCIAUX A L'HOPITAL

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Par Denis

La chronique de Laurent Chabert


 

illusion-d-optique-2_6tvJ’ai cru lire, me semblait-il, que l’accent serait mis cette année sur la réduction des risques psycho-sociaux (RPS). J’ai même eu l’opportunité de pouvoir bénéficier d’une formation sur cet épineux sujet. Formation exclusivement théorique qui m’a paru se noyer rapidement dans les méandres tortueux de la sémantique appliquée… Elle ne date que de quelques mois et pourtant je n’en conserve que le goût amer de débats stériles, inexploitables au quotidien. Ce fut une inutile tentative de théorisation de la souffrance psychologique des travailleurs victimes de RPS par des orateurs bardés de titres aussi impressionnants que leur ego… En tout cas, rien qui permette, à moi syndicaliste, de mieux appréhender ce fléau du travail moderne dans mon quotidien de militant. Fort de mes incertitudes quant à la difficulté d’appréhender le sujet sur le terrain, je me rassurais en imaginant le ministère de la Santé à mes côtés de par sa volonté de mettre en évidence les méfaits des RPS et d’afficher clairement sa volonté de lutter contre ce fléau.

Mais ça, c’était avant…

Aujourd’hui le sujet récurrent qui se répand comme une traînée de poudre dans les couloirs de nos établissements, le sujet qui fait fureur, c’est le contrat de retour à l’équilibre budgétaire (CREB). Sympathique euphémisme pour désigner un plan social déguisé… L’état n’assumant plus le coût du service public, c’est maintenant à nous pauvres fonctionnaires, de mettre la main au porte-monnaie pour combler les déficits… Mais là n’est pas le sujet me direz-vous…. Seulement depuis que l’épée de Damoclès du CREB est délicatement suspendue au dessus de nos nuques innocentes, la notion de prévention des RPS semble avoir disparu des priorités de la Direction.

Les argumentaires de négociations sur les dossiers d’agents soumis à des risques psycho-sociaux semblent ne plus avoir l’oreille de la hiérarchie ! Elle se plaît à souligner que les nécessités budgétaires du CREB risquent fort de déterminer l’ensemble de la politique de l’établissement. Exit la priorité au traitement des risques psycho-sociaux. Il suffit de prendre le pouls des services de soins pour voir les réorganisations ne tiennent aucunement compte des attentes des agents en souffrance psychologique. Aucun traitement préventif des risques par les directions, aucune prise en compte des facteurs susceptibles de provoquer ou d’aggraver la détresse d’un agent… Seules les notions de rentabilité, de gain d’équivalent temps plein et d’économies budgétaires sont à l’ordre du jour, aujourd’hui encore plus qu’hier. La raison d’état du CREB appliquée à la masse salariale permet aux décideurs de se dédouaner des cas individuels et de leur traitement.

Mais le plus à craindre à mon sens, c’est la dérive de ce type de situation. Les contrats de retour à l’équilibre budgétaire qui sévissent partout en France relèguent le traitement des risques psycho-sociaux au second plan.

C’est déjà dur à accepter pour des personnels traumatisés. C’est avaliser une forme de rentabilité de la souffrance. Il convient surtout de redouter l’effet pervers et prévisible des CREB qui, de part leur nature restrictive, vont inévitablement générer des nouvelles organisations du travail plus « rentable ».

Alors oui, nous pouvons exiger que le leurre des RPS laisse sa place au traitement des Traumatismes de l’Organisation du Travail.

Laurent Chaber

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