R.T.T. ou comment Réduire les Traumatismes du Travail ?

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DES CONDITIONSCONDITIONS DE TRAVAIL AUX RISQUES PSYCHOSOCIAUX A L'HOPITAL

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Par Denis

Samedi 21 novembre  2015

R.T.T. ou comment Réduire les Traumatismes du Travail ?

Rtt a l hopital

 

Hiding emotionsNe plus payer les agents est une réelle source d’économie !

Le débat actuel sur la réduction du nombre de jours de RTT pour réaliser des économies de personnel est le symbole d’une gestion à la petite semaine. Que ce soit pour les hôpitaux de Paris (AP-HP) ou le département des Hautes Alpes, directeurs et élus se glorifient auprès du peuple pour s’affirmer comme des gestionnaires rigoureux et soucieux de l’argent public. En fait ce sont de piètres comptables dont la portée des ambitions ne dépassent pas celle de leur mandat. Dans les deux cas, directeurs et élus sont non seulement aveuglés par leur courtermisme mais se moquent éperdument de l’avis et de la santé au travail des agents concernés.

Réduire le nombre de jours de RTT, c’est réduire le temps de travail quotidien, c‘est réduire la quantité de travail réalisé sur une journée. Actuellement sur les heures quotidiennes effectuées, les agents n’ont pas le temps d’accomplir leur travail. Si l’on prend l’exemple de l’APHP, on constate sur une année la réalisation de plus de 2 millions d’heures supplémentaires, dont plus de 600 000 ne sont ni payées ni récupérées. (source bilan social 2013) Si l’on ajoute à cela un solde de 840 000 journées « évacuées » dans les comptes épargnes temps, (équivalent de 4 000 emplois) on peut en déduire sans risque d’erreur que les hôpitaux parisiens tournent à crédit sur le dos des personnels. (voir ici au plan national)

En conséquence, la réduction du nombre de jours RTT va se traduire par une augmentation des heures supplémentaires non payées et non récupérées et là, il est vrai qu’en ne payant plus le personnel, l’établissement peut réaliser de substantielles économies..

Mais ces économies coûteuses conduisent aux traumatismes du travail

En rendant l’emploi plus précaire (de 6 400 contractuels en 2011 à près de 7 300 en 2013), en supprimant plus de 1 200 emplois d’agents titulaires et en réduisant de moitié le taux des promotions internes [1], il n’est pas étonnant de constater une augmentation des arrêts de travail pour raison de santé.[2] A l’AP-HP le nombre de jours d’arrêts pour accidents de travail a augmenté de 24% en 3 ans ! [3]

C’est un constat quasi général dans tous les hôpitaux. Lorsque le travail s’intensifie, les personnels s’épuisent et s’arrêtent. (voir article ici)

Selon la sécurité sociale le coût moyen d’un traumatisme musculo squelettique (TMS) est estimé à plus de 21 000 euros. (voir article de l’INRS) Si l’on applique ce constat à l’APHP avec ses plus de 3 200 TMS, ce sont quelques 67 millions d’euros d’impact, soit l’équivalent de 2 000 emplois ! Mais là, personne ne compte ! C’est le désert d’information. Le coût total de l’intensification du travail n’est étudié par aucun directeur. Ils paient sans compter ce qui, dans le contexte actuel, peut s’apparenter à un traumatisme du bon sens, ce que les psychiatres appellent un délire !.

Pourtant la prévention est une affaire rentable

Partout dans le monde, des études ont été menées pour observer la performance des entreprises qui avaient investi dans la santé au travail. Le retour sur investissements est modulé en fonction de la taille de l’entreprise ou du système de financement. Mais toutes les études observent que les mesures de prévention jouent un rôle déterminant, non seulement pour la santé et le bien-être des travailleurs, mais aussi en termes de performances économiques des entreprises et de viabilité des régimes de sécurité sociale. [4] Les politiques de prévention constituent donc un domaine d’investissement très rentable, y compris sous un angle purement financier.

Mais les hôpitaux sont à la recherche d’économies immédiates sans se rendre compte qu’ils entraînent le déficit de demain.

Mais : « Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt. »

 

[1] Entre 2011 et 2013 le coût des avancements de grade et d’échelons est passé de 9,19 millions d’euros à 4,79 millions soit  – 48% (bilan social 2013 – page 29)

[2] La durée moyenne des absences pour motif médical qui est en moyenne de 34, 2 jours en 2013, progresse de façon constante (+ 1,4 jour) de 2011 à 2013. (bilan social 2013 – page 43)

[3] Le nombre de jours d’arrêts pour les accidents de travail est passé de 106 072 en 2011 à 131 732 en 2013 !

[4]

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