Un rapport sur la violence à l’hôpital!

Un rapport sur la violence à l’hôpital!

 

fo-sante-org.jpgDES CONDITIONS DE TRAVAIL AUX RISQUES PSYCHOSOCIAUX A L'HOPITAL

Par fo-sante.org

L’Observatoire  National  des  Violences  en  Milieu  Hospitalier  (ONVH)  vient  de  publier  son  rapport annuel 2011.  Ce rapport donne une vision des violences déclarées et qui portent atteinte, soit aux biens, soit aux personnes.

En 2011, l’ONVH (*) a recensé  5 760 événements déclarés, soit +13% de faits supplémentaires par rapport à 2010 (soit 5 090), sachant que le nombre d’établissements déclarants est en hausse de 11% (337 établissements de santé au total). La région Ile de France enregistre le plus grand nombre de signalements. Depuis 2010, la Picardie est la 2ème région, suivie par la région Basse-Normandie.

Les atteintes aux personnes

Contrairement  à  2009  et  2010,  où  les  atteintes  aux  personnes  avaient  diminué,  l’année  2011 enregistre une augmentation de celles-ci.

Sur ces déclarations, 87% concernent des atteintes aux personnes :

  • 26% concernent des insultes ou injures (+ 5%) ;
  • 18% des menaces (+3%) ;
  • 55% des coups (+ 9%) ;
  • 1% des faits sont qualifiés crimes (stable).

L’ONVH souligne que les déclarations ne sont pas exhaustives sur les faits les plus graves (crimes), car les  établissements  ont  tendance  à  les  déclarer  via  le  centre  de  régulation  des  urgences  sanitaires (Corrus)  ou  par  une  information  directe  de  l’agence  régionale  de  santé  (ARS)  et/ou  du  cabinet  du ministre.

Les atteintes aux biens

Corrélativement,  les  atteintes  aux  biens  ont  diminué  et  ce  sont  essentiellement  des  dégradations légères par des patients au sein des services, ou des vols simples qui sont en cause.

Elles  représentent  13%  des  violences.  Les  atteintes  aux  biens  recensées  sont  des  dégradations simples dans 42% des cas, des vols simples dans 42% des cas, des vols avec effraction dans 7% des cas et des incendies ou dégradations graves dans 9%.

L’observatoire  met  l’accent  sur  la  nécessité  de  prendre  des  mesures  correctrices  pour  éviter  ces atteintes  aux  biens  qui    contribuent  à  la  dégradation  du  climat  sur  le  lieu  de  travail  et  à  la dégradation de la qualité de l’accueil des patients.

Les services les plus touchés

Parmi  les  services  les  plus  touchés  on  distingue  en  premier  lieu  la  psychiatrie  (25%  des  violences signalées), en second lieu les urgences (15%) et la médecine générale (12 %).  En  psychiatrie  : 73% des atteintes aux personnes signalées sont des coups portés et 13% sont des menaces faites. Il faut noter que 8 faits de niveau 4 (faits qualifiés crimes) ont été signalés, portant uniquement  sur  des  violences  graves  faites  par  arme  par  des  patients.  Les  injures/insultes  restent mineures (8%).

Dans les services des urgences : 2011 marque une hausse des faits de violence signalés au sein de leurs structures (+ 4%). Les injures/insultes représentent 34% des atteintes aux personnes signalées, les menaces 30% (y compris les menaces de mort), et les coups représentent 37%.

Dans  les  services  de  médecine : on enregistre le même nombre de faits qu’en 2010. Les atteintes dominantes aux personnes sont les injures/insultes avec 44%. Cependant les menaces (y compris de mort) représentent 20% et les coups représentent 32% des violences aux personnes.

L’observatoire constate que 86% des actes déclarés ne donnent suite à aucun dépôt de plainte ou de déclaration de main courante alors même que plus d’un fait sur deux subis constitue une violence de niveau 3 (agression physique), ce qu’il considère comme « un dysfonctionnement certain ».

 Le taux général de plainte déposé est de 10%, tout type d’atteinte confondu (contre 13% en 2010), et les plaintes déposées pour des atteintes aux biens sont équivalentes aux plaintes déposées pour des atteintes aux personnes.

Conclusion –perspectives

Devant ce bilan 2011, l’ONVH rappelle la circulaire DHOS/2005/327 du 11 juillet 2005 qui doit être largement diffusée et respectée, qui mettait en oeuvre un  logiciel de signalement, depuis remanié au profit d’une nouvelle plate forme de déclaration.

L’observatoire s’inquiète de la montée de la violence, considérant « qu’il  n’est plus possible d’ignorer que  la  violence  existe  au  sein  des  établissements  de  santé,  qu’elle  soit  endogène  (patients)  ou exogène, qu’elle soit involontaire (expression d’une pathologie) ou recherchée et ciblée (invasion de bandes,  règlement  de  compte  entre  bandes  rivales,  manifestation  d’un  énervement  ou  d’une angoisse),  l’année  2011  met  en  exergue  une  radicalisation  de  plus  en  plus  marquée  des  actes  de violence exercés au sein des établissements.

Ces actes ont parfois nécessité l’intervention de forces spéciales pour négocier et maîtriser l’auteur de l’acte (patient ou détenu-patient).

Mais ces actes mettent aussi en évidence une présence de plus en plus forte d’armes blanches lors de la commission de ces violences ».

« La  mise  en  lumière  de  ces  faits  démontre  à  eux-seuls  que  la  violence  survenue  au  sein  des établissements  n’est  plus  une  simple  question  d’incivilités,  mais  qu’elle  relève  d’une  évolution sociétale bien plus préoccupante, pour laquelle la présence d’arme sur soi, et alors même que l’on est dans un lieu d’accueil et de soins, est devenue banale et normale ».

Ces  chiffres  sont  effectivement  alarmants  et  nécessitent  que  nos  syndicats  soient  en  mesure  de vérifier que les établissements recensent, auprès de l’observatoire, les actes de violence.

Fédération FO-SPSS – Paris le 29 mars 2012

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(*)  Depuis  le  5  janvier  2012,  l’ONVH  est  devenu  l’Observatoire  national  des  violences  en  milieu  de santé (ONVS). Compte tenu de ce basculement des données 2011 consolidées seront publiées début 2013.

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Cliquer ici pour ouvrier le rapport 2011  de l’OVNH

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