26 décembre 1942 Arrestation de Léon Jouhaux par les Allemands

Samedi 26 décembre 2015

26 décembre 1942

Arrestation de Léon Jouhaux par les Allemands

 

Leon jouhauxAvec la défaite et l’arrivée au pouvoir du maréchal Pétain, un nouveau régime est instauré qui met en œuvre un système corporatiste. 

 

Depuis la fin de la Première guerre mondiale, la CGT a dû spécialement défendre son indépendance contre l’intrusion du politique dans le monde syndical. Avec la débâcle de mai 1940, la Confédération doit affronter en priorité la volonté de mainmise de l’État et du patronat sur le mouvement ouvrier.

Le 3 septembre 1939, la France entre en guerre contre l’Allemagne hitlérienne. Deux semaines plus tard, les communistes sont exclus de la CGT. En outre, la majorité des adhérents de la CGT sont sous les drapeaux, mobilisés sur le front dans cette « drôle de guerre » qui va durer jusqu’en mai 1940. Les effectifs fondent. La Métallurgie, forte de 800 000 syndiqués en 1937, n’a plus que 30 000 adhérents. Avec la débâcle, le Bureau confédéral quitte Paris pour Bordeaux.

Le 22 juin 1940, Pétain signe l’armistice à Rethondes et reçoit peu après les pleins pouvoirs de l’Assemblée nationale. On retrouve dans son premier cabinet un secrétaire confédéral de la CGT, René Belin, au poste de ministre de la Production industrielle et du Travail. Mais cet apôtre du corporatisme à la sauce Pétain ne fait guère d’émules au sein de la Confédération.

Le 20 juillet, le Bureau confédéral se réunit à Toulouse. Il s’agit de serrer les coudes devant la tempête qui s’approche. Dès le 16 août, le gouvernement de collaboration publie une loi interdisant les confédérations syndicales. C’est le 9 novembre que Belin en personne signe le décret de dissolution de la CGT, de la CFTC et de la Confédération générale du patronat français. Onze mois s’écoulent avant que ne soit promulgué le statut que donne Vichy au syndicalisme.

La Charte du Travail du 4 octobre 1941 interdit les grèves et les lock-outs. Travailleurs et patronat doivent s’entendre, sous la férule de l’État qui contrôle désormais l’ensemble du monde du travail. Cette charte est un mélange mal ficelé de corporatisme à l’italienne et de catholicisme social. Elle ne pourra jamais fonctionner.

Dès le 15 novembre 1941, la résistance syndicale se met en place. Trois membres de la CFTC et neuf confédérés - Capocci, Gazier, Pineau (Employés), Chevalme (Métaux), Jaccoud (Transports), Lacoste, Neumeyer (Fonctionnaires), Saillant (Bois) et Vandeputte (Textile) - signent un manifeste. Celui-ci rappelle l’indépendance du syndicalisme et déclare : « Les féodalités économiques sont plus responsables de la défaite que n’importe quel homme politique, si taré soit-il. »

La plupart des signataires de ce manifeste rejoindront rapidement le mouvement de résistance « Libération-Nord ». Quant aux Confédérés habitant en zone libre, ils rejoindront « Libération-Sud ». Léon Jouhaux ne peut guère faire entendre sa voix. En novembre 1940, il est mis en résidence surveillée à Vals puis, en décembre 1941, à Evian. Il est arrêté le 26 décembre 1942, puis déporté par les nazis en avril 1943.

L’occupation et l’instauration du régime de Vichy ont donc eu pour conséquence la disparition de la CGT. Si Belin et quelques brebis égarées ont rejoint Pétain, la CGT continue pourtant à exister. Elle vit désormais dans la difficile et dangereuse clandestinité résistante.

 

LÉON JOUHAUX

Une vie de combat pour le syndicalisme libre et indépendant
Secrétaire général de la CGT, 1909-1947 ; Président de la CGT-FO, 1948-1954

Gérard Da Silva

Mouvement social et Laïcité

ISBN : 978-2-343-04208-4 • 1 octobre 2014 • 894 pages


 

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