D'UNE CRISE A L'AUTRE...

D'une crise à l'autre : Le retour du keynésianisme

 

crise-a-l-autre-titre.jpg

DEPUIS LES CRISES FINANCIÈRES, ÉCONOMIQUES ET SOCIALES APPARUES EN 2008, DES ÉCONOMISTES SE PENCHENT DE NOUVEAU SUR LES THÈSES DE JOHN MAYNARD KEYNES POUR TENTER DE TROUVER UNE SOLUTION.

crise-a-l-autre-imag.jpgAvec ce retour du néo-keynésianisme, il s'agit de repenser les relations entre l'État et le secteur économique privé, comme le souhaitaient le programme du CNR (Conseil national de la Résistance) en mars 1944 et l'école des économistes gaullistes de gauche, qui ont publié « L’économie distributive de l'abondance » à la fin des années 1940, quand la France était en pleine reconstruction. Ce n'est donc pas un hasard si durant lesTrente Glorieuses, l'État français se basait sur les théories de Keynes, tout comme aux Etats-Unis durant le mandat de J.F. Kennedy dans les années 1960, se basant sur le New Deal de Roosevelt après la crise de 1929.

Le Britannique John Maynard Keynes (5 juin 1883 - 2l avril 1946) est le fondateur de la macroéconomie moderne. Pour lui, le marché ne peut pas s'équilibrer automatiquement. Il dénonce le « laisser-faire » des économistes libéraux de l'époque, repris par ceux d'aujourd'hui, adeptes de l'école de Chicago à la fin des années 1970. Une école qui a plongé l'Amérique latine dans l'extrême pauvreté (Argentine, Chili, Brésil, Venezuela...).

Cette école fut la base de la politique économique du reaganisme et du thatchérisme, qui voulaient dans un premier temps tuer le mouvement syndical; mineurs au Royaume-Uni, contrôleurs du ciel aux États-Unis, entre autres.

LE PARTAGE CONTRÔLÉ DES RICHESSES

Lors de la publication de son livre le plus connu, sorti en 1936, La théorie générale de L'emploi, de L'intérêt et de la monnaie, il déclare que sa philosophie économique doit « contrôler et diriger les forces économiques dans I'intérêt de la justice et de la stabilité sociale».

Pour lui, une économie de marché ne possède pas de mécanisme qui la conduise automatiquement au plein emploi, d'ou un chômage important qui rend nécessaire une intervention extérieure au marché, c'est-à-dire de l'État, qui doit soutenir la demande en augmentant les salaires.

Par ailleurs, il est favorable à l'inflation, « l'euthanasie des rentiers », car elle ruine la rente et incite donc à consommer davantage.

Et dans la conclusion de son livre, J.M. Keynes écrivait: « Le domaine financier risque de tourner au casino.» Vision prémonitoire quand on sait que les traders d'aujourd'hui ont inventé des fonctions mathématiques leur permettant de passer des ordres d'achat et de vente en quelques fractions de seconde.

Aujourd'hui, les pays touchés par la crise en rajoutent dans l'austérité, réduisant ainsi la demande et ranimant les risques de récession. Bref, un puits sans fond pour les travailleurs. L’inverse de la pensée de Keynes, qui dénonçait déjà la nocivité des marchés financiers.

FO Hebdo – Avril 2012

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster