GREVE INTERPROFESSIONNELLE DE 1949

 



DÉBRAYER. BLOQUER TOUT. QUAND LES PETITIONS, LES MANIFESTATIONS, MEME MULTIPLIÉES, N'ONT PAS SUFFI A FAIRE PLIER LE GOUVERNEMENT, IL FAUT EN ARRIVER A CESSER LE TRAVAIL. FO EN A FAIT LA DÉMONSTRATION, JUSTE APRÈS SA CRÉATION, DE MANIÈRE ÉCLATANTE. ET AVEC UN RÉSULTAT QUI MARQUE ENCORE L'HISTOIRE SOCIALE DU PAYS.

25 novembre 1949. Grève interprofessionnelle. FO a lancé le mot d'ordre seule, repris ensuite par la CGT: Il s'agit de se battre pour obtenir l'ouverture de discussions sur les conventions collectives, pour obtenir une augmentation des salaires dans le cadre d'accords librement négociés. Le mot d'ordre est «la libération des salaires dans le cadre de conventions collectives nationales industrielles avec un minimum garanti». En effet, après la libération, l'effort de reconstruction national s'est prolongé et les sacrifices qu'il impose sont supportés, pratiquement, par les seuls salariés. Et le Parti communiste, au gouverne ment, soutient cette politique. C'est l'époque des slogans comme: «Il faut gagner la bataille de la production», et «La grève c'est l'arme des trusts». Avec sa collaboration, une loi sur les conventions collectives est votée le 23 décembre 1946. L'indépendance syndicale y est fortement réduite. En effet, les salaires sont soustraits à la compétence de la libre négociation patronat-syndicats. Les négociations collectives se retrouvent au point mort de 1947 à 1950. Pour FO, le rétablissement des contrats collectifs librement négociés devient la priorité.

 

Voici comment Robert Bothereau analyse la grève du 25 novembre 1949, dans l'hebdomadaire Force Ouvrière, le 1er décembre. «Ce fut d'abord une simple décision de principe de notre Comité confédéral national, trois lignes d'une résolution: "Le CCN se prononce pour le principe d'une grève générale de 24 heures et charge la Commission exécutive d'en décider l'application". [...] Le secrétariat de la CGT Lafayette [on dirait aujourd’hui "la CGT Montreuil", NDLR], qui louche vers nous, se mit en état l’alerte, mais avec une indifférence affectée. D'un air protecteur, elle qualifia cela de fanfaronnade, de vaicre menace et, de surcroît, de péril pour le monde ouvrier. il fallut que notre commission exécutive décidât de passer du principe à l'action pour que changeât l'aspect des choses. La CGT, après deux jours de muette réflexion, décida de suivre [...]. [Les raisons de la grève], des centaines de milliers de travailleurs les connaissent et les approuvent. C'est pour cela qu'ils ont fait grève le 25. [...] La grève a eu lieu. Elle a été ce qu'elle devait être, ce qu'il fallait qu'elle fût, ce que nous voulions qu'elle fût: un succès. Totale? chipoteront les statisticiens. Non, mais générale, exprimant le mécontentement et les désirs des salariés en mal d'équité. Maintenant, les pouvoirs publics savent que le désir d'équité, ça compte en France, et ça veut dire que les salaires n'ont pas à être bloqués quand les prix sont libres. Maintenant, le patronat sait que le syndicalisme n'est pas mort dans ce pays et qu'un syndicalisme exempt de tutelle politique, ça peut aussi et c'est sans doute plus encore un syndicalisme dur et fort. Les travailleurs aussi savent ils savent que l'action ne leur est pas impossible, ils ont pris conscience d'eux- mêmes et de la voie syndicale. Et que cette organisation quasi neuve, qu'on disait fantôme et mal née et que sais-je? a été leur guide et leur soutien, et que tout ce qu'on a raconté sur la CGT-Force Ouvrière n'avait -la preuve en est administrée- aucun rapport avec l'honnête vérité.»

 

LA LOI DU 11 FEVRIER 1950

Le Il février 1950, la loi rétablit la possibilité de négocier dans les conventions collectives des clauses relatives aux salaires. Aussitôt, dans toutes les branches, des négociations syndicats-patronat aboutissent à des accords. Robert Bothereau, le Secrétaire général de la CGT-FO, peut déclarer:

"L'enjeu des conventions collectives est de reprendre aux catégories sociales privilégiées, sous forme de salaires, l'excédent du pouvoir d'achat qu'elles n'ont pas voulu céder par une baisse des prix."

 

 

 

 

 

 

 

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FO Hebdomadaire - juin 2010

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