L'envolée du chômage et la création du RMI puis du RSA

Il y a un quart de siècle

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Plaie de la France, et de bien d'autres pays, depuis la fin des années 1970, le chômage est combattu par les gouvernements avec des politiques très diverses. Pour les plus démunis, l'Hexagone a choisi le Revenu minimum d'insertion, puis le Revenu de solidarité active.

Fo sante chauny rmi rsaC'est le 1er décembre 1988 que les députés votent, à la quasi-unanimité, la loi sur le RMI. Le temps que le décret soit publié, il entre en vigueur. C'était il y a tout juste un quart de siècle.

Après le premier choc pétrolier, en 1973, le chômage de masse commence à faire son apparition dans le pays. Quelques années plus tard, face au retour de la pauvreté et à une précarité de plus en plus évidente et voyante, certaines villes et départements (Nantes, Rennes, Besançon, Nîmes, le Territoire de Belfort, l'Ille-et-Vilaine) créent des aides locales à destination des plus démunis résidant sur leurs territoires, mais pour une durée limitée. En 1986, l'État propose aux départements de généraliser ces expériences sous le nom de «compléments locaux de ressources», dont il prendrait en charge 40% du coût moyennant une contrepartie, pour les bénéficiaires, sous forme de travail et/ou de formation. Mais cette aide n'a touché que treize mille personnes en deux ans.

En 1987 le Conseil économique et social préconise un droit à un revenu minimum garanti, accompagné d'un projet d'insertion. Il s'agit des prodromes de la loi sur le RMI. Mais dès le départ, les travailleurs étrangers régulièrement établis, mais depuis moins de trois ans, et les jeunes de moins de 24 ans sont exclus de cette proposition.

UN PIS-ALLER

Le RMI ne devrait pas être un obstacle à la reprise d'emploi. Il a donc été conçu comme un revenu différentiel, perçu en complément d'autres revenus (sociaux et d'activité). Pour une personne seule, le RMI représente 50% du SMIC, il est majoré pour les ménages avec enfants. Mais le caractère différentiel du RMI a vite posé un problème: un allocataire retrouvant un emploi à temps partiel de 300 euros voyait son revenu social diminuer d'autant. Aussitôt, certaines familles politiques ont parlé «de subvention de la paresse», «d'aide à I'oisiveté»!

En 2003, la loi de décentralisation confie la responsabilité du financement du RMI aux départements, l'État se bornant à en fixer le montant. En 2008, Martin Hirsch, ancien Secrétaire général de la Fondation Abbé Pierre, membre du gouvernement Sarkozy (sans statut de ministre), propose l'instauration du RSA qui permettra aux allocataires de le toucher même s'ils reprennent une activité à temps partiel. Il n'y aura donc pas une baisse des revenus, comme avec le RMI, en cas de reprise temporaire d'activité. En revanche, le montant du RSA va baisser plus l'allocataire se rapprochera du plein emploi.

Mais à cause de la crise financière de 2008, qui perdure encore aujourd'hui, le taux de retour à l'emploi des titulaires du RSA n'atteint que 12% à 15% des bénéficiaires.

Début 2013, 4 millions de personnes percevaient le RSA.

Christophe Chiclet

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