L'indépendance énergétique

L'indépendance énergétique

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Á la Libération, en 1945, de Gaulle crée le CEA (Commissariat à l'énergie atomique). Entre 1953 et 1959, ce dernier construit trois piles expérimentales sur le site de Marcoule. Elles vont permettre, à partir du combustible retraite, d'extraire du plutonium pour la fabrication de la première bombe atomique française, qui explose dans le Sahara algérien en 1960, mais aussi de mettre au point des réacteurs électro-nucléaires, dits "graphite-ga", fonctionnant à l'uranium naturel. Dès 1966, EDF, en coopération avec le CEA, met en service, en cinq ans seulement, six réacteurs, à Chinon, Saint-Laurent-des-Eaux et Bugey, et l'usine de retraitement du combustible irradié sort de terre à La Hague. EDF travaille aussi sur les centrales de deuxième génération, fonctionnant à l'uranium enrichi. La première de ces centrales entre en service à Chooz en 1967. En 1970, seulement 5% de l'électricité produite en France est d'origine nucléaire, contre 82% aujourd'hui. Mais avec la guerre du Kippour à I'automne 1973, la donne va changer. L'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) va tripler le prix du baril de pétrole. Paris décide alors d'accélérer son programme nucléaire.

UNE AVENTURE CONTROVERSÉE

Pour assurer I'indépendance énergétique du pays, le Premier ministre de l'époque, Pierre Messmer, lance en mars 1974 un vaste programme de construction de centrales nucléaires. Le complexe nucléo-industiel devient désormais incontournable avec le CEA, EDF, Framatome, Alsthom, la Cogema, puis plus tard Areva (issu de la fusion de la Cogema et de Framatone en 2001). Messmer prévoit la construction de treize réacteurs en deux ans. Le 1er février 1975, le président Giscard d'Estaing double ce programme. En vingt-cinq ans, cinquante huit réacteurs seront mis en service dans dix-neuf centrales.

Mais ces centrales de deuxième génération ont une durée de vie limitee. Il faut donc penser à leur démantèlement et à leur remplacement par des réacteurs de troisième génération, moins gourmands en uranium. Mais tout cela coûte excessivement cher et pose des problèmes de stockage des déchets. Déjà onze réacteurs mis en service avant1974 sont à l'arrêt.

Depuis quelques années, les Allemands ont choisi, sous l'impulsion des Grünen (les Verts), de sortir du nucléaire. Pour ce faire, ils importent en masse du charbon de Pologne, qui commence à s'épuiser, et d'Australie, qui a de grandes réserves. Mais ces centrales thermiques polluent énormément. Par ailleurs, le prix de l'électricite a augmenté de 60% en Allemagne. La sortie du nucléaire en France poserait aussi la question des personnels qui y travaillent et celle d'une hausse des tarifs. D'autant que le secteur des énergies renouvelables ne peut pas encore embaucher massivement à court terme.

FO Hebdo - Mai 2012

 

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