La création de la banque centrale américaine

Il y a cent ans

Il y a cent ans

Appelé aussi Réserve fédérale américaine, mais plus connue sous son diminutif de « FED », elle a un rôle très important dans l’économie mondiale en baissant ou en augmentant les taux d’intérêts. Mais elle n’a pas le pouvoir de réguler les marchés financiers américains.

La plachde à billets : caricature visant la politique inflationniste de l'administration Lincoln pour soutenir les dépenses de guerre après la défaite des nordistes à Bull Run - Cliquer pour agrandirNés d’une fédération à la fin du XVIIIè siècle, les Etats-Unis restent un pays globalement hostile à toute forme de centralisation, d’étatisation et de régulation. Il en est de même pour le système bancaire. Dès le départ, il existe une multitude de banques régionales privées, mais la plupart des grandes banques se sont installées à New York, dans le voisinage immédiat de la Bourse de Wall Street.

SAUVEUR MAIS PAS RÉGULATEUR

Le pays n’ayant alors pas de banque centrale, il n’y a personne pour prêter de l’argent aux établissements en difficulté, au risque de faire s’écrouler tout l’édifice. Ce sont donc les banquiers privés eux-mêmes, dirigés par le puissant J.P. Morgan, qui trouvent des subsides pour sauver le secteur et calmer la panique.

L’année suivante, les politiques pensent créer une taxe de 5% sur les dépôts bancaires afin d’alimenter un fonds de réponse aux crises. Fin 1912, le nouveau président démocrate W. Wilson décide de mettre en place une banque centrale. Le nouveau mécanisme sera décentralisé, avec des banques centrales par État, dominées par les autorités publiques mais avec la participation obligatoire des banques privées.

Le président Wilson ne souhaite pas faire de place aux intérêts privés dans la nouvelle structure, mais il doit composer pour ne pas affronter directement le puissant lobby bancaire. La loi est finalement votée début décembre 1913, paraphée par le président le 23 et promulguée le 29 du même mois. La Réserve fédérale entre en fonction le 2 janvier 1914.

Les économistes américains Simon  Johnson et James Kwak estiment que « si les banquiers privés n’ont pas eu exactement ce qu’ils voulaient (aucun contrôle), ils ont tout de même obtenu le plus important : une institution qui pouvait les sauver avec de l’argent public lorsque survenaient des crises financièures ».

Concrètement, la Réserve fédérale ne disposait, et ne dispose toujours pas, de réels pouvoirs de régulation. Son champ de compétence s’arrête aux banques commerciales, les banques d’affaires n’en font pas partie. La FED est donc divisée en banques régionales, ce qui donne un pouvoir important à la FED de New York, proche des banques privées. Le  premier directeur de cette FED sera un certain B. Strong, ancien lieutenant de J.P. Morgan !

La réserve fédérale a donc le pouvoir d’organiser un sauvetage, mais pas celui de freiner les activités risquées des banques privées qui peuvent le rendre nécessaire. Ainsi, après les crises de 1929 et 2008 c’est de l’argent public, donc les contribuables, qui a renfloué les banques privées, tant aux  Etats-Unis qu’en Europe

 

Christophe Chiclet

FO Hebdo

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