LA LONGUE LUTTE POUR UN ENSEIGNEMENT DE MASSE ET DE QUALITE

 



LONGTEMPS, L'INSTRUCTION A ÉTÉ L’APANAGE DES PRIVILEGIES.

C'EST LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE QUI A VOULUS,.SANS CRAINDRE L'IMMENSITE DE LA TÂCHE, QUE LES PETITS FRANÇAIS SACHENT LIRE, ECRIRE ET COMPTER POUR DEVENIR DES CITOYENS RESPONSABLES.


Charlemagne n'a pas inventé l'école, mais l'université impériale à Aix-la-Chapelle. Au XIIe siècle, les universités se développent dans toutes les grandes villes d;Europe avec trois spécialités: théologie, médecine et droit Sous l'Ancien Régime se développent les «petites écoles» , mais la royauté ne s'im- plique ni pour l'organisation, ni pour le finance- ment Ces «petites écoles» dépendent donc des évêques et des municipalités. Ce sont les familles qui financent l'instruction de leurs garçons, issus de la bourgeoisie, en pleine expansion.

Au XVe siècle les jésuites fondent des lycées gratuits, comme Louis-le-Grand, à Paris. En l'an Il de la Révolution française, la Convention vote un texte fondateur: l'enseignement sera désormais laïque, gratuit et obligatoire, grâce à l'amendement du député Louis-Joseph Charlier. La loi Daunou de l'an IV va plus loin. Les enjeux de l'éducation sont: «Donner une culture à l'ensemble des citoyens qui, une fois éclairés, ne tomberont pas dans le piège d'une vie entièrement orientée vers la satisfaction des besoins énormes de main-d’œuvre du système de production ou vers le culte; de légitimer et d'assurer la survie du nouveau système politique français qui émerge.»

En 1794, les révolutionnaires fondent l'Ecole polytechnique et Condorcet lance le mouvement de l'éducation permanente. En 1802, Napoléon fonde les lycées avec obligation d'y apprendre la philosophie.

LES LOIS JULES FERRY

En 1816, le pouvoir pousse les communes à organiser l'école primaire pour que les «enfants d'indigents» puissent être instruits. En 1833, la loi Guizot ordonne aux communes de plus de 500 habitants d'avoir une école de garçons. En 1850, la loi Falloux élargit l'éducation aux :fi1les et officialise la dualité des systèmes d'enseignement : à côté d'un enseignement public financé par l'Etat peut se développer un enseignement dit «libre», essentiellement formé d'écoles catholiques. En 1867, les lycées de jeunes fi1les sont créés.

Mais il faut attendre 1880 et les lois Jules Ferry pour que tout change. Nous passons d'une éducation pour une minorité à une éducation de masse. En 1880, Jules Ferry et son conseiller, Ferdinand Buisson, instaurent l'école laïque obligatoire jusqu'à treize ans. Un an plus tard, les cours d'éducation religieuse sont bannis des écoles républicaines. La loi Goblet de 1886 interdit aux religieux d'enseigner dans le public.

L'entre deux-guerres est marqué par l'essor de l'enseignement technique avec l'adoption de la loi Astier en 1919, qui crée les collèges et les lycées techniques. En 1933, l'enseignement secondaire devient enfin gratuit

Un siècle d'éducation massive et populaire. Une époque où la République ne considérait pas qu'une instruction de qualité était impossible pour tous les enfants. Une époque qui semble révolue, quand bien des discours officiels jugent que l'échec du collège vient de ce qu'il s'adresse à toute la population.

Télécharger la fiche

 Format pdf

 

FO Hebdomaire - JUIN 2010

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster