LA MISERE DE LA PAYSANNERIE FRANCAISE

 

LE SALON DE L’AGRICULTURE DEMEURE UNE MANIFESTATION TOUJOURS AUSSI POPULAIRE. MAIS CEUX QUI TRAVAILLE LA TERRE TIRENT LA LANGUE, PRIS EN ÉTAU ENTRE LES ABERRATIONS DE LA POLITIQVE AGRICOLE COMMUNE, DEFINIE PAR LES VINGT~SEPT A BRUXELLES, ET LA RAPACITE DE LA GRANDE DISTRIBUTION.

À la veille de la Révolution, 85% des 28 millions de Français sont des ruraux. Le monde paysan est à la limite de la misère matérielle et accablé d'impôts. Si 95% sont libres, ils sont néanmoins soumis aux droits féodaux et seigneuriaux, paient une redevance en argent (le cens) et en nature (le champart) , sont soumis aux corvées sur les terres du seigneur et sont obligés d'utiliser le moulin, le four et le pressoir du maître en réglant les droits banaux. En plus ils doivent s'acquitter des impôts royaux (taille et capitation) , indirect (gabelle) et ecclésiastique (dîme). A l'été 1789, le pays est secoué par des jacqueries. Avec la Révolution et la disparition des privilèges et l'égalité des citoyens devant l'impôt, les paysans peuvent respirer pour la première fois.

Mais l'essor de l'industrie modifie le paysage. En 1850, ils sont encore 27 millions, soit 75% des actifs, pour chuter à 22 millions, soit 55% en 1911. À la fin du XlXe siècle, la mécanisation fait une timide apparition. Mais il n'y a que 30 000 tracteurs dans la France de 1939, contre 300 000 en Allemagne.

LE TEMPS DES REVENDICATIONS

À cette époque, les enfants travaillent dès l'âge de dix ans et deviennent «rentables» à quinze ans. L'enseignement agricole n'est instauré qu'en 1918.

Les bucherons du Centre entrent en grève en 1892, les feuillardiers du limousin en 1900, les viticulteurs du Midi en 1904 et 1907, les métayers du Bourbonnais en 1904, les résiniers landais en 1906. Durant la Grande Guerre, 1,2 million de paysans sont tués ou mutilés. Huit cent cinquante mille femmes les remplacent sur les terres. Mais en 1919-1920, 300000 jeunes quittent la campagne, surtout les journaliers et les saisonniers. En 1936, les ouvriers agricoles du bassin parisien rejoignent le mouvement de grève. Le Front populaire va faire bénéficier les salariés, agricoles des allocations familiales. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, les cultivateurs représentent encore 30% des actifs. En 1968, ils passeront sous la barre des 10%.

En 1960, la première loi d'orientation agricole est votée pour harmoniser la politique française avec la jeune Politique agricole commune (PAC), définie par les gouvernements à Bruxelles. Cette dernière fait et défait les quotas de production et fixe les subventions. Ces dernières bénéficient surtout aux gros céréaliers et non aux petits producteurs. Comble, en 1992 elle instaure une jachère sur 10% des terres cultivées, un retour au XVlIIe siècle!

Les paysans touchent alors des subventions pour laisser les mauvaises herbes envahir leurs champs.

En 2008, Bruxelles abandonne la jachère, car désormais il y a un manque de terres arables. Mais aujourd'hui, ceux qui font chuter les revenus des 545 000 derniers agriculteurs, qui vendent leurs produits à perte, sont les rapaces de la grande distribution.

 

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FO HEBDOMADAIRE - MARS 2010

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