LA MORT DE JEAN MOULIN

IL Y A SOIXANTE ANS

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ENTRE LES FRANÇAIS LIBRES DE LONDRES AUTOUR DU GÉNÉRAL DE GAULLE ET LA MULTITUDE DE MOUVEMENTS DE LA RÉSISTANCE INTÉRIEURE, IL FALLAIT ABSOLUMENT UNIFIER CETTE MOSAÏQUE POUR ÊTRE PLUS EFFICACE LE JOUR J. JEAN MOULIN FUT CHARGÉ DE CETTE LOURDE TÂCHE.

Le 18 décembre 1964la-mort-de-jean-moulin-imag.jpg, les cendres de Jean Moulin entrent au Panthéon, accueillies par André Ma1raux avec son fameux: «Entre ici Jean Moulin, toi,
pauvre roi supplicié des ombres.» L'homme est né à Béziers en 1899. Il est mobilisé en 1918. Après de brillantes études au sein de l'administration publique, il devient en 1937 1e plus jeune préfet de France, avec un premier poste en Aveyron. Un an plus tôt il a été chef de cabinet de Pierre Cot, ministre de l'Air du Front populaire. Cot, Moulin et Malraux ont organisé clandestinement l'envoi d'une escadrille pour renforcer l'aviation de la République espagnole. En 1939, il est nommé préfet de I'Eure-et-Loir.

Le 17 juin 1940, à Chartres, il est copieusement battu par 1es Allemands et jeté dans une cave. Il va tenter de se suicider en s'ouvrant la gorge. D'ou la fameuse photo avec l'écharpe noire. Il est révoqué par Vichy en novembre 1940. À l'automne 1941, il prend contact avec les premiers mouvements de résistance et rejoint de Gaulle en octobre. Nommé représentant du CFLN (Comité français de libération nationale) pour la zone libre en janvier 1942, il réussit à créer le Comité de coordination de la zone sud en novembre, avec l'Armée secrète, son bras armé.

En janvier 1943, il fonde les MUR (Mouvements unis de la Résistance), regroupant Combat, Franc-tireur et Libération sud. Un mois plus tard, il est nommé par de Gaulle commissaire national, en mission pour l'ensemble du territoire, et est fait compagnon de la Libération en octobre 1942. Il rentre en France en mars 1943 avec pour objectif  la fondation du Conseil national de la Résistance (le fameux CNR), avec les mouvements résistants, les partis politiques non collaborateurs et les organisations syndicales (CGT et CFTC).

la-mort-de-jean-moulin-edition-tallandier.jpgMoulin réunit pour la première fois le CNR le 27 mai 1943 à Paris. Ses dix-sept membres votent à l'unanimité une motion reconnaissant le général de Gaulle comme seul chef politique de la résistance française.

Le 21 juin, Moulin organise une réunion à Caluire, dans la banlieue de Lyon, pour réorganiser la direction de l'Armée secrète dont le chef, Charles Delestraint, vient d'être arrêté. Mais il y a eu une trahison et tous les participants sont arrêtés par les hommes de Klaus Barbie. C'est ce dernier qui va personnellement torturer Moulin, au fort de Montluc à Lyon. Transféré à Paris, puis à Neuilly, il meurt des suites de ses blessures le 8 juillet 1943 dans le train qui l'emmenait en Allemagne.

Peu connu du grand public à la Libération, c'est de Gaulle qui va le faire sortir de l'ombre en transférant ses cendres au Panthéon, en faisant ainsi l'une des
grandes figures de la résistance française.
 

FO Hebdo - Mai 2013

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