LA MORT PROGRAMME DE LA SIDERURGIE LORRAINE

En passant par la Lorraine

enpassantparlaloraine.jpg

POUMON ÉCONOMIQUE DE L’EST DE LA FRANCE, L’INDUSTRIE DU FER SE MEURT Á PETIT FEU. TOUTES TENTATIVES DE RECONVERSION ONT PLUS OU MOINS ÉCHOUÉ, LAISSANT SUR LE CARREAU DES DIZAINES DE MILLIERS DE SALARIÉS.

enpassantparlaloraine-imag.jpgHayange, Uckange, Gandrange et maintenant Florange, la vallée de Fensch se meurt, et pourtant le fer et la Lorraine ont été étroitement liés depuis le Moyen âge. Ce minerai est exploité dans la région d'Hayange dès le XIIIème siècle. Au début du XVIIIème, une famille d'origine hollandaise, les de Wendel, s'installe à Hayange et fait marcher les hauts fourneaux à plein régime. Il s'agissait alors de fournir des boulets de canon pour les armées royales. Au XVIIIème siècle et jusqu'au début du XIXème, l'armée est le principal client de la sidérurgie, tout comme durant les deux guerres mondiales.

En 1913, il existait 55 mines de fer en lorraine. En 1945 elles étaient 61, reconstruction oblige, puis 35 en 1969, 18 en 1984, 3 en 1993 et plus aucune aujourd’hui. Les prémices de la crise se font sentir dès 1963, lorsqu'on découvre de nouveaux gisements au Canada, en Australie, en Afrique. Du début des années 1960 jusqu'à la fin des années 1970, la production d'acier lorrain est de 50 millions de tonnes par an, contre 6 au début des années 1990. La sidérurgie lorraine emploie 98 000 salariés en 1962, 81 000 en 1976 et environ 30 000 aujourd’hui.

UN COMBAT ACHARNÉ

Idem dans les mines de fer qui approvisionnent la sidérurgie: 15 millions de tonnes en 1967, pour 43 000 mineurs, 8 millions en 1992 pour 15 000 mineurs,0 en 2007. Depuis 1966, le Comité des forges ou les barons de l’'acier n'ont pas modernisé leurs usines. En 1978, ils sont en faillite. Le gouvernement Barre prend le contrôle du secteur, nationalisé par les socialistes en 1981.

En décembre 1978, le gouvernement annonce 21 000 licenciements dans le secteur Denain Longwy. Mais les métallos ne se laissent pas faire. Le 24 février 1979, ils attaquent le commissariat de Longwy aux bulldozers. Les 7 et 8 mars, les ouvriers de Denain tirent à la carabine sur les CRS. Le 23 mars, ils sont des dizaines de milliers à manifester dans Paris, manifestation émaillée d'incidents qui se révéleront être de graves provocations policières.

En octobre 1981,Ie président Mitterrand se rend en Lorraine et dénonce « le coût social d'un capitalisme sauvage ». Mais le 29 mars 1984, le gouvernement annonce la suppression de 21 000 emplois en Lorraine, avec quand même d'importantes reconversions, en particulier dans l'automobile.Le 4 avril, les syndicats lancent une grève générale interprofessionnelle. Cent cinquante mille personnes manifestent dans toute la Région.

Le 13, les Lorrains sont une nouvelle fois dans les rues de Paris. C'est le même jour que choisit Citroën, un des fameux sauveurs, pour annoncer à son tour 6 000 suppressions d'emplois. L’industrie automobile avait promis de recaser 13 000 métallos. Citroën n'en prend que 6 000 sur Metz et Ennery, et Renault 1 000 –sur les3 000 prévus- à Bailly.

Et la casse ne fait que continuer.

FO Hebdo – Octobre 2012

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster