LE RETOUR DES GRANDS FROIDS

DES INDIGENTS AUX SDF

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CHAQUE ANNÉE À LA MÊME ÉPOQUE, L'OPINION PUBLIQUE S'ÉMEUT DES IMAGES DE SDF DORMANT DEHORS LA NUIT SOUS DES FROIDS POLAIRES. POURTANT CHAQUE ANNÉE ILS SONT DE PLUS EN PLUS NOMBREUX, EN DÉPIT DE L'ACTION DES POUVOIRS PUBLICS.

retour-grands-froids-imag-1.jpgD'après I'INSEE, il y a aujourd'hui en France plus de 200 000 SDF, dont 20% de moins de 25 ans et 17% de femmes. En 2010, plus de 400 000 appels ont été passés au 115 pour signaler des personnes à la rue en grand danger. Et la liste des morts de froid s'allonge encore et encore. A noter que 30% des SDF sont des travailleurs pauvres et 40% sont inscrits à Pôle emploi. Le plan grand froid, activé par les préfectures du 1"' novembre au 31 mars, comporte trois niveaux: 1 (-5°), 2 (-5° à -10°), 3 (inférieur à -10°).


C'est en 1983 que I'administration française change les termes de «vagabond» ou de «chemineau» (celui qui fait le chemin), trop péjoratifs, pour celui de «Sans domicile fixe». L'aide aux indigents est d'abord l'affaire de l'Église. Deux noms se détachent: Saint Vincent de Paul et l'abbé Pierre. Saint Vincent de Paul (1581-1660) est un prêtre landais qui a passé sa vie au service des paysans pauvres, des prisonniers et des enfants abandonnés. De 1605 à 1607 il est prisonnier à Tunis, aux mains des Barbaresques. De retour en France, il est nommé aumônier des galériens du roi. Il fonde la Confrérie de la charité en 1617, puis l'ordre des lazaristes en 1633, tous deux dédiés au secours aux indigents.

LA PAUVRETÉ CONTEMPORAINE

 À ta suite de la crise de 1929, les milieux de gauche fondent le Secours populaire en 1936, issu du Secours rouge international. Le Secours populaire est interdit en 1939.

Il renaît en novembre 1945.


L'Église catholique ne voulant pas laisser la place «aux rouges», elle fonde le Secours catholique en septembre 1946.retour-grands-froids-imag-2.jpg


Dans ce contexte, l'ancien résistant Henri Grouès, plus connu sous le nom d'abbé Pierre, député de la Meurthe et Moselle de 1945 à 1951, lance la fondation
Emmaüs en septembre 1949. Durant l'hiver 1954, particulièrement rigoureux, il lance son fameux coup de gueule à la radio: «l'insurrection de la bonté", en faveur des sans logis et mal logés. En effet après la guerre, les bidonvilles se multiplient dans les banlieues des grandes villes. Au début des années soixante,
plus de 100 000 personnes vivent dans ces baraquements sans électricité, sans chauffage, et eau courante.


En 1964, 43% des Algériens de France vivent dans ces bidonvilles, ainsi que 10 000 Portugais dans celui de Champigny-sur-Marne.


En novembre 1993,le docteur Emmanuelli a fondé le Samu social avec l'aide de Jacques Chirac, alors maire de Paris. Ce Samu, avec ses maraudes, a réussi à héberger 14 400 personnes en 1999 et 21 500 en 2010. Mais l'annêe suivante, son président a claqué la porte lorsque le gouvernement a annoncé qu' il allait réduire de façon drastique les subventions à l'hébergement.


Avec la persistance de la crise économique, ce type d'organismes a vraisemblablement encore du pain sur la planche.

FO Hebdo - Décembre 2012

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