LE SECRET BANCAIRE SUISSE

Les paradis fiscaux

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HOMMES D’AFFAIRES, CHANTEURS, SPORTIFS DE TOUS PAYS SE SONT INSTALLÉS EN SUISSE POUR ÉCHAPPER Á LEURS FISCS NATIONNAUX.

CE SYSTÈME FISCAL ULTRALIBÉRAL EXISTE DEPUIS DES LUSTRES. LA CONFÉDÉRATION HELVÉTIQUE A ÉTÉ POUSSÉE Á PRENDRE DES MESURES DE TRANSPARENCE ; SANS GRAND EFFET.


paradis-fiscaux-image.jpgLa Confédération suisse est née en 1291 de la fusion des trois cantons primitifs, rejoints rapidement par cinq autres, pour s'agrandir ensuite tout au long du Moyen Âge. Le protestantisme s'installe dans les deux tiers du pays avec Calvin et Zwingli et le commerce bancaire, qui n'est désormais plus tabou, comme sous le catholicisme, commence à se développer. En 1847, une brève guerre civile oppose les cantons protestants aux cantons catholiques. En 1918, Berne signe une union monétaire avec le Liechtenstein, futur paradis fiscal encore plus opaque que la Suisse.

Durant la Seconde Guerre mondiale des familles juives mettent leur argent à l’abri à Genève. Mais la grande majorité d'entre elles va périr dans la Shoah et la Suisse aura bien du mal à rendre leur bien à leurs ayants droit trente ans plus tard. Par ailleurs, la banque du Reich a déposé des sommes considérables en Suisse grâce, entre atres, au banquier nazi genevois François Genoud. Cet argent permet d'acheter en Suède du fer en provenance des mines du Kiruna pour I'industrie d'armement allemande. Si aujourd'hui la Suisse est un des pays les plus riches du monde, c'est en grande partie grâce à son secret bancaire et ses fameux
comptes numérotés.

UNE TRANSPARENCE DE FACADE

En 2009, I'Union européenne et le G20 ont sommé la Suisse de mettre plus de transparence dans son système bancaire, obligeant les paradis fiscaux à fournir plus d'informations aux fiscs étrangers. Les banquiers
suisses, toujours malins, ont mis en place un accord appelé "Rubik". Pour conserver leur anonyrnat, les clients étrangers devront payer. Pour les fraudes passées, c'est le fisc helvétique qui va percevoir une taxe, allant de 21% au minimum à 41% au maximum. L'Angleterre et l'Autriche ont accepté ce marché. L'Allemagne s'y apprête, mais la France s'y refuse.

À noter que depuis la crise, les Grecs les plus riches ont fait sortir du pays près de 260 milliards d'euros, dont la moitié a atterri en Suisse, le reste à Londres et à Chypre.

Quant aux fraudeurs français qui craignent un début de transparence, puisque Paris refuse de signer Rubix, la Suisse n'est plus pour eux qu'un pays de transit. L'argent repart au Liechtenstein, au Luxembourg, à Jersey, aux Bahamas, aux îles Caïman via des sociétés-écrans. Bercy doute de I'efficacité et de la motivation du fisc suisse pour traquer les fraudeurs et fournir des informations à Paris. Financièrement
Genève et politiquement Berne ne veulent pas tuer la poule aux oeufs d'or, principale ressource d'un pays où la droite populiste est devenue le premier parti au Parlement fédéral.


FO Hebdo - juin 2012


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