Répression

 

 

DANS SA LONGUE HISTOIRE, LA JUSTICE A SOUVENT EU LA MAIN LOURDE CONTRE LE MOUVEMENT OUVRIER, AU POINT D’ÊTRE QUALIFIEE DE JUSTICE DE CLASSE

 

Les autorités, police, justice, administratrice, ont toujours voulu contrôler les travailleurs en particulier et le mouvement ouvrier dans son ensemble. C'est pour cette raison que Napoléon avait instauré le livret ouvrier en 1803. Tout ouvrier qui voulait voyager et changer de patron devait avoir avec lui son livret signé par l'employeur, le maire et la gendarmerie. Sinon il était considéré comme un vagabond et tombait sous le coup de la loi. La bonne société considérait les classes laborieuses comme des classes dangereuses. Le livret n'a été supprimé qu'en 1890.

 

DANS TOUS LES PAYS

 

Par ailleurs, le patronat a une longue habitude de listes noires, visant surtout les syndicalistes pour les empêcher de retrouver du travail. Les premières grandes victimes de la justice de classe sont les huit condamnés du 1er Mai 1886 de Haymarket, à Chicago. Après une grève dure le 1er Mai dans cette ville, un meeting a lieu trois jours plus tard pour protester contre la répression. Un provocateur lance une bombe contre la police. Peu après, huit dirigeants anarcho-syndicalistes de Chicago sont arrêtés et condamnés à mort. Tous innocents, tout comme Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, anarchistes italo-américains. Le premier est arrivé à New York en 1913, le second en 1908. Syndicalistes courageux, ils sont arrêtés en 1920, accusés d'avoir tué deux  convoyeurs de fonds. Ils passent sur la chaise électrique en 1927, malgré une vaste mobilisation internationale.  

Si les démocraties se permettent ce genre de pratique, que dire des autres pays? Dans l'ex-Union soviétique, tout fait de grève était passible d'une lourde peine de goulag. Dans l'Albanie d'Enver Hoxha, la moindre réflexion sur le mauvais approvisionnement valait cinq ans de camp à régime sévère. 

 Plus près de nous, en 2002, les ouvrières de l'usine Bruckman, à Buenos, Aires, occupent le site et le font tourner à leur profit Un an plus tard la justice argentine envoie la police. Cent vingt personnes sont arrêtées dont trente seront gravement blessées. 

 Deux ans plus tard. la justice algérienne engage des poursuites judiciaires contre les délégués syndicaux de l’usine de matériel agricole Magi., dans la grande banlieue d'Alger. Aussitôt, les deux cents ouvriers se sont mis en grève et la justice a fait machine arrière, néanmoins l'usine a été privatisée et la plupart des employés licenciés.  

Cependant, les droits conquis par le mouvement ouvrier servent de point d'appui et nombre de jugements modèrent ce tableau négatif. Début avril 2009, le tribunal de grande instance de Senlis a déclaré que la grève des employés de Lear Corporation n'était pas illégale et a condamné la direction à verser 1000 euros de dommages et intérêts à un délégué syndical. Et, heureusement, la France dispose des conseils de prud'hommes. Il n'en demeure pas moins qu'une mère de famille qui vole de la nourriture dans un magasin est proportionnellement plus lourdement condamnée que les patrons voyous qui licencient à tour de bras tout en s'offrant des avantages faramineux.

FO N° 2896 - mai 2009

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