168 MILLIONS D’ENFANTS TRAVAILLENT DE PAR LE MONDE, SOULIGNE L’OIT

Rapport

168 MILLIONS D’ENFANTS TRAVAILLENT DE PAR LE MONDE, SOULIGNE L’OIT

 

«Les progrès sérieux ne doivent pas faire oublier les défis encore à relever», insiste l’Organisation internationale du travail.
 

Pas moins de 168 millions d’enfants travaillent encore de par le monde, soit 11% des 5 à 17 ans. Plus de la moitié d’entre eux, 85 millions, effectuent des travaux dangereux, c’est-à-dire qui mettent en péril –de manière immédiate– leur santé, leur sécurité et leur développement moral. Ces chiffres représentent néanmoins une diminution de près d’un tiers du nombre d’enfants au travail par rapport à 2004 et de plus de la moitié depuis 2000 pour ce qui concerne les travaux les plus dangereux.

Mais, souligne l’OIT (Organisation internationale du travail) dans un rapport publié le 23 septembre, ces «progrès sérieux» ne doivent pas faire oublier «les défis importants encore à relever». Les choses avancent trop lentement pour atteindre le but que s’était fixé l’OIT en 2010 d’éliminer les pires formes du travail des enfants d’ici à 2016. Les auteurs du rapport appellent aussi à une vigilance toute particulière pour les 15-17 ans lorsque l’économie mondiale repartira, dans la mesure où la crise économique a pu assécher le besoin de main-d’œuvre de cette tranche d’âge.

L’Afrique subsaharienne continue à être la région où les enfants courent le plus grand risque et où les progrès ont été les plus lents et les moins réguliers, même si c’est en Asie que l’on compte le plus grand nombre d’enfants au travail. Plus d’un enfant sur cinq –21%– entre 5 et 17 ans travaille en Afrique subsaharienne (59 millions) contre 9% en Asie- Pacifique (77,7 millions), en Amérique latine et aux Caraïbes (12,5 millions), et 8% au Moyen-Orient et en Afrique du Nord
(9,2 millions).

Le secteur des services de plus en plus concerné

La majorité des enfants travailleurs se concentre toujours dans le secteur agricole (98 millions, soit 59%), mais on en compte de plus en plus dans les services (54 millions, soit 32%, contre 26% en 2008) et leur nombre reste élevé dans l’industrie (12 millions).

Si l’on trouve la plus grande proportion d’enfants au travail dans les pays les plus pauvres (33% contre 9% dans les pays à revenus moyens inférieurs et 6% dans les revenus moyens supérieurs), les pays à revenu moyen n’en rassemblent pas moins un total de 93,6 millions d’enfants travailleurs, soit près de 20 millions de plus que dans les pays à faible revenu. Les auteurs du rapport en tirent une double conclusion: la lutte contre le travail des enfants ne peut se limiter aux pays les plus pauvres et il ne faut pas compter uniquement sur la croissance, mais aussi sur la volonté politique. D’ailleurs, soulignent-ils, la leçon à tirer des progrès de ces dernières années est que «l’attention portée au travail des enfants par les États, les employeurs et les travailleurs, ainsi que par les autres principales parties prenantes, a porté ses fruits».

L’OIT dispose de plusieurs normes pour lutter contre le travail des enfants. La convention 138, adoptée en 1973, stipule que tout membre l’ayant ratifiée «s’engage à poursuivre une politique nationale visant à assurer l’abolition effective du travail des enfants et à élever progressivement l’âge minimum d’admission à l’emploi».

Avec la convention 182, adoptée en 1999, les États s’engagent à «prendre des mesures immédiates et efficaces pour assurer l’interdiction et l’élimination des pires formes du travail des enfants, et ce, de toute urgence».
 
 
FO Hebdo - Octobre 2013

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