1ER JANVIER PROCHAIN, LE CHOC FISCAL DE LA TVA

Impôt sur la vie quotidienne

1ER JANVIER PROCHAIN, LE CHOC FISCAL DE LA TVA


100 euros de plus de TVA par personne, c’est le coût de la hausse décidée par le gouvernement.
Une hausse injuste, qui touchera plus fortement les bas revenus… et que Jean-Marc Ayrault dénonçait en janvier 2012.
 
Bien que le gouvernement, après un revirement supplémentaire, ait décidé d’ouvrir des discussions sur une réforme fiscale d’ampleur, il ne semble pour autant pas vouloir revenir sur la mesure la plus injuste promulguée (malgré ses engagements de campagne): la hausse massive de la TVA. Les taux de TVA passeront, au 1er janvier prochain, de 19,6% à 20% pour le taux normal et de 7% à 10% pour le taux intermédiaire (restauration, alimentaire, aide à la personne, travaux dans un logement, billets de train…). Alors que le taux réduit aurait dû baisser à 5%, il a finalement été maintenu à 5,5%.

C’est pour financer le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), ce cadeau aux entreprises de 20 milliards d’euros, que tous les citoyens paieront près de 100 euros chacun de TVA supplémentaire en 2014. Non seulement cette augmentation se traduira par une hausse des prélèvements de 400 euros pour un ménage avec deux enfants par exemple, mais ces prélèvements frapperont en outre beaucoup plus fortement les bas revenus.

LES PLUS PAUVRES PAYENT DEUX FOIS PLUS DE TVA QUE LES PLUS RICHES

Une enquête de l’INSEE, menée en 2008, a ainsi montré le caractère profondément dégressif de cette taxe. En effet, par rapport au revenu réellement disponible des ménages, cette étude montre que la somme payée en TVA est près de deux fois plus importante pour les 10% de ménages les plus pauvres que pour les 10% de ménages les plus riches: 11,52% des revenus des bas salaires vont au paiement de la TVA, alors que les hauts revenus n’y consacrent que 5,92%. En proportion de leurs revenus, les plus modestes paient ainsi une TVA deux fois plus importante que les plus riches.

«Une augmentation de 0,4 point, personne n’est obligé de la répercuter dans les prix», a nuancé Pierre Moscovici en oubliant au passage l’augmentation de 3% du taux intermédiaire. «Il est important qu’il y ait aussi des comportements vertueux, notamment dans le secteur de la grande distribution qui doit montrer un engagement civique aux côtés des Français», a-t-il ajouté.

Le civisme de la grande distribution, il suffisait donc probablement d’y penser… alors même que ce secteur va recevoir sans contrepartie 3 milliards d’euros au titre du CICE, selon Bercy.

Reste que les Français n’ont pas encore mesuré l’impact de la hausse de la TVA et que le début d’année risque d’être douloureux.
 
FO Hebdo - Novembre 2013

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