Au Brésil, la Coupe du monde se joue sur un volcan

Carton rouge

Au Brésil, la Coupe du monde se joue sur un volcan

GreveDes stades protégés par l’armée, pas moins de 100 000 policiers mobilisés, une grève massive des salariés du métro de Sao Paulo pour des augmentations de salaires...

La Coupe du monde de football a commencé à Rio de Janeiro le 12 juin, alors qu’arrêts de travail, manifestations et affrontements avec les forces de l’ordre se sont multipliés ces derniers mois au Brésil et que tout le monde garde en mémoire le mouvement social de juin 2013.

Il y a tout juste un an, par centaines de milliers, les Brésiliens étaient spontanément descendus dans les rues pour protester contre la hausse du prix du transport et exiger que l’argent public soit prioritairement investi dans les services publics, comme la santé, l’éducation ou les logements sociaux, plutôt que dans la préparation de la Coupe du monde.

Ce mouvement, soutenu par les organisations syndicales brésiliennes, notamment la CUT (Centrale unique des travailleurs) et Força Sindical, a brutalement révélé combien les espoirs placés dans l’arrivée au pouvoir du Parti des Travailleurs en 2002, alors personnifié par le président Lula, restent inassouvis. Pourtant, les salaires réels ont régulièrement augmenté au Brésil depuis 2005, y compris après la crise. Le salaire minimum a doublé entre 2002 et 2011. Mais cette hausse, tout comme celle du salaire réel moyen, n’est en réalité qu’un rattrapage puisque la Constitution de 1988 avait imposé une désindexation des salaires sur les prix, qui avait entraîné une baisse continue du salaire réel jusqu’à la fin des années 1990. Il avait fallu de nombreuses grèves et manifestations sous le deuxième mandat de Lula, dans l’industrie, les services, l’agriculture et les services publics, pour que le rattrapage s’enclenche.

Et aujourd’hui les grèves reprennent. Celle des enseignants des écoles municipales de Sao Paulo a duré 42 jours et a été suspendue le 3 juin, quand ils ont obtenu une augmentation de 15,38%. Quant aux policiers, qui menaçaient de faire grève pendant la Coupe du monde, ils ont obtenu 15,8%.

Par  Evelyne Salamero

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