Chômage

Chômage

EMPLOI ET SALAIRES EN BERNE

L’austérité génère un cercle vicieux qui entretient une baisse de la demande, de la production et de l’emploi.
 

Le taux de chômage a atteint un niveau record: 12,2% dans la zone euro et 11% dans l’ensemble de l’Union européenne.

Du traité de Maastricht, en 1992, au TSCG, en 2013, c’est au nom de la convergence économique, puis au motif de la crise, qu’ont été imposées et durcies les politiques d’austérité en Europe. Résultat: la convergence économique, entre la locomotive allemande et les mauvais élèves que sont la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, voire la France, reste un vœu pieux et la crise s’éternise. L’été dernier, le mot «reprise» était sur toutes les bouches. Trois mois plus tard, on déchante déjà. De juillet à septembre, le PIB de la zone euro n’a progressé que de 0,1% par rapport aux trois mois précédents, soit bien moins qu’au printemps (+0,3%) quand la zone avait officiellement renoué avec la croissance. Pour l’ensemble de l’Union européenne, la hausse ne dépasse pas 0,2%. Les chiffres sont encore moins bons si l’on compare avec l’année dernière, laissant apparaître que la récession n’est malheureusement pas qu’un mauvais souvenir. L’activité s’est contractée de 0,4% dans la zone euro et n’a progressé que de 0,1% dans l’ensemble de l’UE par rapport au troisième trimestre 2013. La production industrielle a reculé de 0,5% en septembre dans la zone euro.

Du coup, Bruxelles prévient qu’il faut s’attendre à une reprise un «peu moins forte que prévu» en 2014. L’Allemagne elle-même, dont l’économie est pourtant la plus dynamique, a vu son activité ralentir au troisième trimestre, avec une croissance de 0,3% entre juillet et septembre contre 0,7% le trimestre précédent, et a divisé par deux ses prévisions de croissance pour l’année prochaine. Les économistes en conviennent, un constat s’impose de plus en plus clairement: la demande intérieure, plombée par les plans d’austérité et la modération, voire la baisse, des salaires dans plusieurs pays, ne parvient pas à compenser la diminution des exportations.

LE COÛT DU TRAVAIL EN CHUTE LIBRE

Inévitablement, dans un tel contexte, le chômage a atteint un niveau record: 12,2% de la population active dans les dix-sept pays de la zone euro, soit 19,44 millions de salariés sans emploi, autrement dit 996.000 de plus qu’il y a un an et 60.000 de plus qu’au mois d’août. Pour l’ensemble de l’UE, le chômage s’élevait à 11% en septembre, soit 26,87 millions de personnes. La fausse baisse du nombre de demandeurs d’emploi cet été, due à un bug in­formatique, a depuis été démentie, les chiffres de juillet et août ayant été revus à la hausse.

La baisse de la demande entraînant une baisse des prix, le spectre de la déflation menace. Sur ce point non plus, l’union économique et monétaire ne parvient pas à tenir ses objectifs. Alors que celui de la BCE est de maintenir la stabilité des prix et l’inflation annuelle au-dessous –mais à un niveau proche– de 2%, les prix s’effondrent. L’Espagne a enregistré une inflation zéro en octobre, pour la première fois en quatre ans. Elle n’a été que de 0,7% pour l’ensemble de la zone euro. Quoi d’étonnant? Entre 2009 et 2011, le coût salarial unitaire a diminué de 8,1% en Grèce, de 10,4% en Irlande et de 5,6% en Espagne, pour ne citer que ces trois-là.

La déflation «est le pire des maux économiques», prévient l’économiste français Marc Touati: «Elle concrétise une situation où l’offre excède la demande. Pour que l’offre s’ajuste à la demande, il faut donc qu’elle baisse, ce qui se traduit par une baisse de la production, des faillites et in fine des licenciements, donc une nouvelle baisse de la demande. D’où une poursuite de la déflation.» Tous les indicateurs le confirment. Pour sortir du cercle vicieux, le «changement de politique au niveau national et européen», auquel a encore appelé Jean-Claude Mailly le 12 novembre, est désormais une urgence vitale.

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