COMMENT EMPÊCHER L’EXPLOSION DU PRIX DU GAZ?

Énergie

COMMENT EMPÊCHER L’EXPLOSION DU PRIX DU GAZ?

Contraint d’accorder une hausse des tarifs réglementés de 2,4%, le gouvernement propose une nouvelle formule de calcul pour tenter de limiter le renchérissement.

 
Le gouvernement a dû accepter une nouvelle hausse des tarifs réglementés du gaz de 2,4% au 1er janvier. «Le compte y est presque», a lâché Gérard Mestrallet, P-DG de GDF Suez. Il l’est symboliquement, le Conseil d’État ayant annulé le plafonnement à 2% de l’augmentation décidée par les pouvoirs publics en septembre dernier, mais contestée par GDF Suez et ses concurrents, regroupés dans l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (ANODE). Au-delà du message envoyé à l’entrée de l’hiver, ce sera la troisième augmentation en douze mois, soit près de 10% en 2012 et... 80% depuis 2004.

PLUS 80% DEPUIS 2004

Pour FO, cette hausse de janvier «constitue un nouveau coup dur pour le pouvoir d’achat et un risque d’aggravation de la précarité énergétique». Avec celle du prix des carburants, constate la Confédération, on assiste à «un renchérissement des coûts de l’énergie et des transports pour les salariés, alors que le contrôle de ces prix relève de la responsabilité de l’État, qui doit tout mettre en œuvre pour les encadrer, les réguler et les maîtriser».

Le peut-il encore? Quand, en septembre dernier, le gouvernement décidait de limiter la hausse des tarifs du gaz à 2%, le gendarme du secteur, la Commission de régulation de l’énergie (CRE), s’était prononcé, dans une délibération parue au Journal officiel, pour une augmentation de 6,1%. De son côté, GDF Suez réclamait dans les 7%, en s’appuyant sur la loi. Celle-ci prévoit en effet la couverture de ses coûts en tenant compte des frais d’approvisionnement, de transport, de stockage, de commercialisation et de distribution. Quant à la CRE, elle ne cesse de répéter que «des tarifs réglementés fixés trop bas constituent une barrière à l’entrée des fournisseurs alternatifs sur le marché du gaz et limitent leur capacité à faire des offres de marché plus compétitives que les tarifs réglementés de vente» pour –refrain connu– «le bénéfice du consommateur».

Gaz de France, créé en 1946 par la loi de nationalisation de l’électricité et du gaz, a fusionné avec Suez en 2008 dans le cadre du processus de déréglementation des secteurs électriques et gaziers européens. Depuis, bien que détenant 36% du capital de GDF Suez, l’État n’est plus vraiment maître.

Le gouvernement a donc décidé d’étendre, dès janvier 2013, les tarifs sociaux du gaz et de l’électricité à 830.000 personnes supplémentaires (lire Les tarifs sociaux de l’énergie étendus à 4 millions de foyers) et, surtout, de modifier la formule de calcul des tarifs de GDF Suez. Delphine Batho, ministre de l’Écologie et de l’Énergie, a annoncé qu’elle proposerait au Premier ministre un nouveau mécanisme permettant à l’État de fixer un cadre annuel chaque 1er juillet et de recalculer automatiquement les tarifs tous les mois, et non plus chaque trimestre, pour en limiter l’augmentation, «avec une clause de sauvegarde», afin de «reprendre la main» en cas de dérapage excessif. L’ANODE envisage un recours devant la Commission européenne.
 
FO Hebdo - Décembre 2012
 
 
 

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