«DES DONNÉES POUR PERMETTRE À CHACUN DE CHOISIR SON MÉDECIN TRAITANT»

Marianne Binst, directrice générale de Santéclair

«DES DONNÉES POUR PERMETTRE À CHACUN DE CHOISIR SON MÉDECIN TRAITANT»

 

 

Santéclair est une entreprise qui appartient à des assureurs et complémentaires santé (AGF, Maaf-MMA, Allianz et la Mutuelle générale de la Police). Elle analyse les devis optiques ou dentaires des clients de ces structures et les oriente vers les professionnels de santé qu’elle a conventionnés. La plupart des mutuelles et assurances sous-traitent aujourd’hui ces services à ce type de plate-forme.

FO Hebdo: Pourquoi votre société participe-t-elle à l’initiative «transparence santé»?
Marianne Binst: Nous disposons d’informations concernant les soins dentaires, l’optique ou les audioprothèses. Mais nous voulons nous ouvrir à d’autres domaines, pour lesquels nous avons besoin de données. Pour aider, par exemple, les gens à choisir leur médecin traitant. On fait de grandes campagnes sur «les antibiotiques, c’est pas automatique». Mais si vous cherchez un médecin généraliste qui n’a pas la «main lourde» concernant les antibiotiques, vous n’avez pas accès actuellement à cette information. Nous n’avons aucune donnée permettant de connaître le nombre moyen de médicaments prescrits par chaque médecin pour une consultation. On prescrit beaucoup trop de médicaments en France. Nombre de médecins font des ordonnances à plus de dix molécules. Alors qu’à partir de trois substances actives, on sait qu’on ne contrôle plus rien en termes d’effets secondaires! Le nombre moyen de médicaments prescrits par ordonnance, pour quelqu’un qui doit choisir son médecin traitant, peut être un indicateur intéressant. Nous voulons aussi connaître les dépassements d’honoraires pratiqués par tel ou tel chirurgien. Les praticiens doivent obligatoirement fournir aux patients un devis avant des soins médicaux ou des opérations chirurgicales. Mais pour pouvoir comparer ces devis, nous avons besoin des données collectées pour chaque chirurgien.

FO Hebdo: Derrière les enjeux de santé publique, n’y a-t-il pas d’autres enjeux financiers à l’ouverture de ces données?
Marianne Binst: En cas d’ouverture des données de santé, beaucoup d’acteurs seront intéressés. Pour nous, il faut permettre à tous d’y accéder, et pas seulement autoriser certains acteurs du secteur de la santé. Les données de santé appartiennent à tous, et non pas seulement à la Sécu. Donner cet accès seulement à la Sécu, au ministère de la Santé et aux professionnels de santé n’est pas un gage d’intérêt général. C’est notre position. Certains vont dire que ce n’est pas bien de rendre accessibles ces données au secteur privé... C’est bien connu: le secteur public ne fait que du bien et le privé ne fait que du mal! Pour nous, la situation est beaucoup plus compliquée que cela. La transparence totale, au bout du compte, aura plus d’avantages que d’inconvénients.

 
 
 

FO Hebdo - Juillet 2013

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