DES MILLIONS DE GRÉVISTES EN ESPAGNE ET AU PORTUGAL

14 Novembre 2012

DES MILLIONS DE GRÉVISTES EN ESPAGNE ET AU PORTUGAL

«Il y a un risque que l’austérité devienne politiquement et socialement intenable dans les pays de la périphérie de la zone euro», s’inquiète le FMI.

fo-sante-chauny-espagne-greve.gifCe n’est plus par centaines de milliers mais par millions que l’on a compté les manifestants et grévistes en Espagne ce 14 novembre 2012, où quelque 120 défilés ont été organisés dans l’ensemble du pays. Dès la nuit, les piquets de grève avaient pris position aux portes des usines, des commerces, des marchés de gros ou des gares pour appeler les salariés à rejoindre le mouvement, car ici, les confédérations syndicales, UGT (Union générale des travailleurs) et CC OO (Commissions ouvrières) notamment, ont appelé à une grève générale de 24 heures. Aux premières heures du matin, celle-ci était déjà suivie à plus de 80%, y compris dans l’industrie. Au Portugal, où la CGTP avait également appelé à la grève générale pour la journée, le mouvement a été particulièrement suivi dans les services publics. Les trains, métros et bateaux étaient à l’arrêt, la majorité des avions cloués au sol et 90% du personnel hospitalier a débrayé dans de nombreux établissements. Et si l’autre confédération portugaise, l’UGTP, n’a pas lancé de mot d’ordre de grève générale au niveau interprofessionnel, environ la moitié de ses fédérations ont appelé à arrêter le travail. En Grèce, où le 7 novembre dernier 100.000 personnes avaient envahi la place du Parlement pour s’opposer au vote d’un énième plan d’austérité plus sévère que tous les précédents, la confédération GSEE et la fédération des fonctionnaires ADEDY n’ont cette fois appelé qu’à trois heures de grève dans la journée. En Italie, un appel à un arrêt de travail de quatre heures a été lancé par la CGIL. La CES (Confédération européenne des syndicats) ayant appelé à une journée d’action et de solidarité contre l’austérité, des manifestations et rassemblements ont eu lieu dans d’autres pays de l’UE.

PLUSIEURS PAYS NE TIENDRONT PAS LEURS OBJECTIFS DE RÉDUCTION DU DÉFICIT

«Il y a un risque que l’austérité devienne politiquement et socialement intenable dans les pays de la périphérie de la zone euro», s’inquiétait le FMI (Fonds monétaire international) dans un rapport publié le 8 novembre. Lors de son assemblée générale en octobre, à Tokyo, le Fonds avait déjà reconnu avoir sous-estimé l’impact de plans d’austérité sur la croissance.

La Commission européenne a été forcée de constater que plusieurs pays ne tiendraient pas leurs objectifs de réduction du déficit budgétaire en 2013. Le 14 novembre, alors que les manifestations grossissaient, Bruxelles a annoncé qu’il ne serait pas demandé d’économies supplémentaires à l’Espagne pour 2012 et 2013. La Commission a néanmoins averti que les mesures d’économies prévues par Madrid pour 2014 étaient insuffisantes, tout en refusant d’en tirer immédiatement des conclusions, préférant attendre d’avoir une «meilleure vue d’ensemble de l’économie du pays». Et certainement aussi de la situation sociale...

Les ministres des Finances de la zone euro devaient se réunir le 20 novembre pour discuter de la Grèce. Un désaccord est en effet apparu au grand jour entre le président de l’Eurogroupe (réunion mensuelle des ministres des Finances de la zone euro), Jean-Claude Junker, et le FMI (Fonds monétaire international). Faut-il prolonger de deux ans le délai accordé à la Grèce pour réduire sa dette publique à 120% du PIB (en 2022 au lieu de 2020) ou, comme le préconise le FMI, qu’une partie de la dette soit effacée? Auquel cas, le FMI précise bien que ce serait à l’Union européenne de s’y employer et non à lui. En attendant, la nouvelle est précisément tombée le 14 novembre: la zone euro est entrée en récession au troisième trimestre, pour la deuxième fois en trois ans...

FO Hebdo - Novembre 2012

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