DÉVELOPPER LA SYNDICALISATION DANS LES MÉTIERS DES SERVICES

Employés et Cadres

DÉVELOPPER LA SYNDICALISATION DANS LES MÉTIERS DES SERVICES

 

La Fédération FO des Employés et Cadres veut renforcer sa présence dans ces secteurs professionnels où le patronat a engagé la dérégulation du travail.
 
En germe depuis 2008, le projet est prêt à éclore. Créer une section fédérale dédiée à l’ensemble des métiers des Services au sein de la Fédération FO des Employés et Cadres (FEC FO), tel est l’objectif que se sont fixé depuis cinq ans des militants et militantes, qui se sont attelés à cette tâche, avec Cathy Simon, responsable du pôle Services à la FEC FO. Il s’agit d’accroître la représentativité syndicale dans un secteur en développement, qui représente pas moins de quatre millions de salariés et une vingtaine de conventions collectives, et où la défense optimale des salariés est d’autant plus nécessaire que le patronat de ces branches professionnelles a engagé une vaste dérégulation du travail. Pour des raisons historiques, les métiers des services, dans lesquels le syndicat était à l’origine peu développé, ont bénéficié de l’infrastructure d’une section fédérale de la FEC, la section des Organismes sociaux divers & divers (OSDD), pour se développer.

Devant 250 militants FO du pôle Services réunis à Paris le 5 juin dernier, Serge Legagnoa, Secrétaire général de la FEC FO, a annoncé que le conseil national de la fédération avait voté, le 28 mai, la création d’une section fédérale des Services au sein de la fédération. La décision, largement applaudie par la salle, doit encore être ratifiée par le congrès de la FEC en octobre
prochain.

ÉCLATEMENT DES LIEUX ET DES TEMPS DE TRAVAIL

Les différents secteurs professionnels regroupés dans le pôle Services sont confrontés aux mêmes problématiques et partagent beaucoup de revendications, comme l’ont expliqué leurs responsables syndicaux FO le 5 juin. Qu’ils travaillent dans des bureaux d’études et d’ingénierie informatique, pour des prestataires de services, dans l’immobilier, l’intérim ou les jeux en ligne, les salariés des services sont astreints à des conditions de travail très comparables. L’éclatement des lieux de travail et du temps de travail, l’individualisation des relations de travail sont souvent la règle. Dans l’immobilier (469.000 salariés), plus de 30% des effectifs se trouvent dans des entreprises de moins de 10 salariés – hors gardiens d’immeuble, ceux-ci étant en quasi totalité dans ce cas de figure. D’où la difficulté à communiquer avec les travailleurs, a rappelé Patrick Albert, délégué FO. Dans les instituts de sondage, 80% des 40.000 salariés sont embauchés sous des CDD d’usage, autrement dit des contrats très flexibles. «Ce secteur est utilisé par le patronat de la branche comme un laboratoire du salariat libéral», a indiqué Franck Picaud. Dans le secteur de l’intérim, la négociation en cours sur le CDI intérimaire ne laisse pas d’inquiéter. Autre point commun à ces secteurs professionnels: l’individualisation des salaires. Aussi FO revendique-t-elle des augmentations générales, c’est-à-dire collectives. Une revendication dans la tonalité de l’intervention de Daniel Herrero, ancien joueur puis entraîneur de rugby, invité par les organisateurs.

L’homme, barbe blanche et tignasse ceinte de son célèbre bandeau rouge, a emmené, avec humour et conviction, les militants dans une réflexion autour des notions de collectif, de solidarité et d’enthousiasme dans les mondes du sport et du travail.
 

Serge Legagnoa, Secrétaire général de la Fédération des Employés et Cadres FO (FEC FO)

 

 

«GARANTIR AU QUOTIDIEN LA BONNE SANTÉ DES SALARIÉS MANIPULANT LES TEXTILES ET LES CUIRS»

FO Hebdo: La FEC FO a organisé en mars une réunion de délégués syndicaux du commerce, de la logistique et du transport consacrée aux poisons dans le textile et l’ameublement. La raison de ce rendez-vous?


Serge Legagnoa: Notre organisation a constaté que bon nombre des vêtements et chaussures que nous portons, voire l’ameublement qui nous entoure, sont porteurs de produits toxiques pour l’être humain. Ces poisons menacent non seulement la santé des consommateurs au bout de la chaîne, mais surtout celle de tous les salariés depuis la production, en passant par le transport et la logistique, jusqu’à la mise en rayon dans les magasins. Qui n’a pas été saisi de maux de tête en approchant des rayons textiles et chaussures de grandes surfaces dégageant une odeur de produits chimiques? FO Hebdo: Ces produits toxiques sont pourtant interdits en France et en Europe?
Serge Legagnoa: Oui, bien sûr. Mais qui contrôle et sanctionne quand, de surcroît, les effectifs de contrôle public, notamment ceux de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), sont systématiquement sabrés? Cette situation peut engendrer chez ceux qui produisent ici un sentiment d’impunité qui peut les pousser à utiliser les mêmes produits toxiques pour des raisons de coût.

FO Hebdo: Que peut faire le syndicat pour contrer ces dérives?


Serge Legagnoa: Il s’agit pour nous de garantir au quotidien la bonne santé des salariés manipulant les textiles et les cuirs tout au long de la chaîne d’exploitation. Un des éléments susceptibles d’éradiquer ces risques consiste à relocaliser, en France et en Europe, la production industrielle sur la base des normes sanitaires et des conditions de travail de nos pays. Nous revendiquons par ailleurs des contrôles efficaces et des sanctions appliquées en cas de manquement. Enfin, il convient de rappeler que l’employeur est responsable pénalement de la bonne santé physique et psychique de ses salariés.

 

FO Hebdo - Juin 2013

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